BRP souffre du dollar mais hausse son profit

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François Desjardins
Édition du jeudi 16 décembre 2004

Mots clés : bombardier

Le chiffre d'affaires de Bombardier Produits Récréatifs (BRP) a glissé de 6 % au troisième trimestre en raison de la vigueur du dollar canadien mais l'entreprise de Valcourt a tout de même accru son profit net grâce à un gain de change sur sa dette libellée en dollars américains.

L'ancienne division du groupe Bombardier, aujourd'hui société à capital fermé, a enregistré des revenus de 637,1 millions du début d'août à la fin d'octobre, comparativement à 679,5 millions un an plus tôt. BRP, qui réalise environ 65 % de ses revenus aux États-Unis mais qui affiche ses états financiers en dollars canadiens, a estimé que l'impact du huard cet automne s'est élevé à 55 millions. Pendant cette période, le dollar canadien a en effet progressé de 76 à 82 ¢US, soit 8 %. Depuis février, l'impact s'élève à 139 millions.

Mais la variation du taux de change a aussi eu un effet positif chez BRP, dont la dette à long terme est contractée en dollars américains. Puisque toute hausse du huard allège de manière relative le niveau d'endettement, cela s'est traduit au cours du trimestre par un gain de change «non matérialisé» de 51,9 millions. Ce gain s'est ensuite répercuté sur le profit net, qui a atteint 53,3 millions, comparativement à 36,1 millions l'an dernier.

«La forte progression du dollar par rapport à la devise américaine a eu un effet défavorable important sur notre bénéfice net, qui a été partiellement compensé par l'impact positif du dollar canadien sur notre dette libellée en dollars américains», a dit dans un communiqué le président et chef de la direction, José Boisjoli.

Le constructeur de motoneiges, de véhicules tout-terrains, de motomarines et de moteurs hors-bord avait évoqué en novembre la remontée du huard et les prix élevés des matières premières pour annoncer 800 licenciements, dont 600 au Canada, ainsi que la mise en vente de deux usines au Wisconsin et en Caroline du Nord. Ces licenciements s'échelonneront jusqu'au 31 janvier, mais la direction a précisé hier que certains employés ayant opté pour la préretraite seront peut-être en poste quelques mois de plus. En définitive, la réorganisation débouchera sur un effectif de 6200 employés dans le monde, dont 2900 en Estrie.

«Nous avons dû prendre des décisions difficiles au cours des dernières semaines, en particulier celles qui affectent directement nos employés. Ces décisions ont été prises pour protéger la société des pressions extérieures sur lesquelles elle n'a aucun contrôle et pour assurer la croissance future», a indiqué M. Boisjoli.

La compagnie a été scindée l'an dernier du grand groupe Bombardier dans une transaction de 960 millions avec l'investisseur américain Bain Capital, qui en détient 50 %, la famille Bombardier, avec 35 %, et la Caisse de dépôt et placement du Québec, à 15 %.


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