Garderie Opus Incertum - Le propriétaire pourrait payer ses employés durant le congé des fêtes

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Kathleen Lévesque
Édition du mardi 07 décembre 2004

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Sous la pression politique, le propriétaire de la garderie privée Opus Incertum pourrait faire volte-face et rémunérer ses employés pour les quelques jours de fermeture de son établissement durant la période des fêtes.

C'est du moins ce qu'a laissé entendre hier l'attachée de presse de la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, Louise Bédard. Alberto Carvalhido a rencontré hier matin un représentant de la ministre Théberge. «Il était très ouvert. [...] La rencontre s'est déroulée dans un climat de bonne entente mutuelle. Nous avons toutes les raisons de croire qu'il y aura un dénouement positif», a affirmé Mme Bédard.

Vendredi dernier, Le Devoir a révélé que M. Carvalhido avait décidé de ne pas payer les onze éducatrices de la garderie entre Noël et le jour de l'An tout en empochant la contribution de 7 $ des parents et la subvention gouvernementale de 30,70 $ par enfant par jour. Au total, M. Carvalhido aurait bénéficié de revenus de quelque 12 000 $ dont une majorité de fonds publics, et n'aurait pas eu de dépenses.

La décision avait provoqué un véritable choc à la garderie tant chez les employées que pour plusieurs parents. Certains d'entre eux disaient craindre le départ d'éducatrices compte tenu d'une certaine pénurie dans le réseau. Une réunion devait avoir lieu hier soir entre M. Carvalhido et ses employées.

Vide juridique

Louise Bédard a souligné que l'intervention ministérielle avait été jugée nécessaire «pour éviter d'autres cas». La situation d'Opus Incertum serait unique, selon le cabinet de la ministre Théberge. Chose certaine, il y a à l'heure actuelle un vide juridique dans la loi qui permet aux centres de la petite enfance et aux garderies privées d'agir comme l'avait prévu M. Carvalhido.

Devant cette situation qu'elle juge «inadmissible», la ministre Théberge a soutenu vendredi dernier qu'elle s'emploierait dès l'année prochaine à apporter des modifications en profondeur de la Loi sur les centres de garde de la petite enfance et autres services de garde à l'enfance.

Le président de l'Association des garderies privées du Québec, Sylvain Lévesque, avait d'abord condamné la situation. Le lendemain, M. Lévesque se montrait toutefois moins catégorique, soulignant que la garderie Opus Incertum était l'une des meilleures de l'Association. M. Carvalhido doit reloger la garderie dans de nouveaux locaux et cela aurait généré de grandes pressions budgétaires, a expliqué M. Lévesque.


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