Le Prix Jules-Fournier décerné à Jean Dion

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Paul Cauchon
Édition du lundi 06 décembre 2004

Mots clés : fpjq

Jean Dion, journaliste au Devoir, exhibe fièrement le parchemin du Prix Jules-Fournier qu'il a reçu samedi du Conseil supérieur de la langue française pour sa contribution à la diffusion d'un français de qualité dans les médias écrits.

Photo: Clément Allard

Il s'avoue avec humour partisan des Expos de Montréal, des Nordiques de Québec et des Browns de Cleveland, ce qui expliquerait pourquoi il n'a rien «gagné dans la vie». Mais, samedi soir, Jean Dion du Devoir a reçu un prix important, le Prix Jules-Fournier, décerné depuis 24 ans par le Conseil supérieur de la langue française pour une contribution exemplaire à la diffusion d'un français de qualité.

Le prix a été décerné lors du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Il est assorti d'une bourse de 5000 $. Un prix similaire, le Prix Raymond-Charette, existe depuis cinq ans pour les journalistes de la télévision et de la radio, et il a été remporté samedi par Michel Désautels de Radio-Canada.

Dans son discours de remerciement, Jean Dion a livré un plaidoyer en faveur de la langue française. «La langue française, que j'adore sans bon sens, est un formidable matériau, dont la richesse permet de constituer une infinité de formes [...] Je pense sincèrement que c'est honorer la langue française et lui rendre hommage que de ne pas la laisser macérer dans une cuvette de béton en train de figer, mais de lui faire prendre l'air, de la chouchouter en lui faisant des cadeaux et de l'emmener danser de temps en temps.»

Le conseil lui a décerné le Prix Jules-Fournier pour «son style original, plein de verve et d'humour, pour sa maîtrise de la langue écrite et pour son talent de narrateur», selon la présidente de l'organisme Nadia Brédimas-Assimopoulos, qui a également salué «ce passionné de sport, et un grand généraliste».

Jean Dion a remercié les membres du jury «qui n'ont pas eu peur de récompenser un peu de délinquance langagière. J'estime bien humblement être un délinquant qui connaît assez bien la loi pour savoir comment la contourner».

Jean Dion est entré en 1992 au Devoir, après avoir été surnuméraire à La Presse et à La Tribune. D'abord correspondant parlementaire à Ottawa pendant trois ans, il devenait ensuite chroniqueur en 1996, tout en étant reporter aux informations générales et aux sports. Il a également participé à plusieurs émissions de télévision et de radio, dont Y'en aura pas de facile à la radio de Radio-Canada, Adrénaline, Indicatif présent, et L'Histoire à la une à Historia.

Quant à Michel Désautels, le prix Raymond-Charette lui est accordé «pour sa maîtrise de la langue française, la rigueur de ses exposés, son style vivant et imagé». Michel Désautels a commencé sa carrière en 1972 à la section francophone de Radio-Canada à Toronto, et il a commencé à travailler à Montréal en 1977. Il présente depuis septembre 2003 l'émission de fin d'après-midi à la radio de Radio-Canada. Michel Désautels a expliqué samedi comment les pièges pouvaient être nombreux lorsqu'on fait du direct, avec «un accord mal fait, un pluriel mal à propos, un anglicisme» qui sont tous immédiatement dénoncés par les auditeurs. «Je n'écris jamais rien avant d'entrer en ondes, disait-il, cela m'oblige à la simplicité.»


Vos réactions


Jean et Jules - par Lucie Dumoulin (dumoul@sympatico.ca)
Le lundi 06 décembre 2004 23:00

Bravo ! - par Daniel Thouin (dathouin@videotron.ca)
Le lundi 06 décembre 2004 12:00

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