Santé: La culture de la peur
Mots clés : alimentation
La peur est notre maître. La peur est donc un instrument de pouvoir, dont les médecins font un usage fréquent et, je le suppose, inconscient. Ils sont conditionnés à penser au pire, ils ne sont pas obligés d'en parler! Il vous reste tant à vivre. Voici un vaccin contre telle maladie très dangereuse (que vous n'êtes pas susceptible d'attraper, mais on ne vous le dira pas). Ma fille de 15 ans faisait une dermatose, un médecin sans rendez-vous lui a dit qu'elle avait probablement la syphilis, sans s'informer si elle avait une vie sexuelle active...
Il y a des gens qui pensent qu'on peut se libérer de la peur par un changement de perspective. Regarder la vie, accueillir les événements et les idées et garder confiance. Croire qu'il y a un futur meilleur qui se dessine avec nous et pour nous. Peu d'entre nous acceptent d'adopter ces idées, voire de les mettre à l'épreuve. Nous préférons les critiquer, les ridiculiser et les condamner, puis les oublier. Quand on lit des histoires de transformations, on comprend d'ailleurs que ces gens étaient au pied du mur. N'ayant pas d'autre choix, ils se sont résolus à changer. Ainsi en est-il de ces Russes néo-américains, les Boutenko, qui accumulaient les ennuis de santé jusqu'à désespérer. Ils ont rencontré une femme qui a dit: «Moi, je me suis guérie de mon cancer du côlon», et ils ont accepté de changer. Ils se sont mis à manger des légumes crus, imaginez! Aux États-Unis!
Quand je suis devenue végétarienne, on m'a critiquée en mettant sur le dos de ma jeunesse révoltée cette expérience qui finirait par me passer. Dans le magazine Health, des mères racontent que leurs bambins doivent apprendre à réagir aux pressions des mamans lors des fêtes d'enfants, soit par ignorance, soit par conformisme -- un autre vêtement de la peur. Pour ma part, j'ai fini par devenir une végétarienne molle, c'est plus simple. Chaque fois que j'entends une diététiste mettre en garde les gens contre le végétarisme au lieu de leur donner des connaissances, je me dis qu'on joue sur les peurs des gens au lieu de leur donner des outils. Ça arrive moins souvent car au bout de, quoi, 30 ou 40 ans de répétitions d'idées, avec des gens célèbres et bien en santé qui avouent être végétariens, le discours antivégétarisme a faibli. Comme pour le bio, tiens: il y a dix ans, acheter bio, c'était fou, encore une affaire de contestation farfelue.
Qu'est-ce qui aura changé dans 10 ou 30 ans du côté de notre alimentation et avec tout l'intérêt que les chercheurs du monde entier y portent? Le discours sur l'alimentation vivante? C'est probablement ce qu'il y a de plus radical à l'heure actuelle: les tenants de ce choix disent que manger cru est la solution aux problèmes de santé, et on sort les Boutenko en preuve définitive. Denis Letendre raconte leur histoire dans son bouquin qu'il vient de publier. Ce joli livre présente un point de vue critique sur notre manière de nous alimenter et propose le crudivarisme comme solution de rechange. L'auteur ne croit pas que l'alimentation crue règle tous les problèmes de santé, «[...] et je me dissocie des radicaux qui prétendent que c'est la solution aux problèmes de la planète. Mon message est qu'il est vital d'incorporer plus d'aliments vivants dans notre alimentation».
L'alimentation vivante comprend-elle le tartare ou le poisson cru? Que fait-on des céréales qui ont sustenté l'humanité depuis toujours? Les suppléments deviennent-ils une part obligée? Réponses de Denis Letendre: «Certains crudivores consomment des viandes crues. Ici, en Amérique, quand on parle d'alimentation vivante, en général, c'est végétalien [aucun produit animal]. Les céréales, on les fait germer; on peut en faire des pizzas ou des pains crus. Quant aux suppléments, c'est un sujet controversé. Certains, comme les Boutenko, disent qu'on a tout ce qu'il faut si on mange un cru varié. D'autres disent qu'ils faut des suppléments de qualité, donc facilement assimilables. On recommande généralement de prendre des jus frais. Personnellement, j'en consomme chaque jour, ainsi que la vitamine B12, dont la carence n'est pas rare, même chez les mangeurs de viande.» Voilà, si ça ne vous fait pas peur, faites-vous un jus d'herbes de blé... vous vous sentirez audacieux et radical! Dans le dernier numéro du magazine Bio-Bulle, on nous dit d'ailleurs que l'alimentation vivante a le vent dans les voiles... C'est donc une tendance dont on entendra parler. Mais manger cru, si ça peut exiger du temps, permet aussi de faire vite sans se tuer à cuisiner. Car, j'y pense, il n'y a pas que la peur dans la vie. Il y a aussi la paresse. Mais ce sera pour une autre fois.
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Denis Letendre, Manger vivant pour vivre mieux et plus longtemps, Éditions Jalinis. Vous le trouverez à la librairie Biosfaire, notamment.
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Reçu:
- Barry Gordon, La Mémoire intelligente, Robert Laffont.
- Denyse Baillargeon, Un Québec en mal d'enfants - La médicalisation de la maternité, Éditions du Remue-Ménage.
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Le Dr Crombez (la méthode écho) donne une conférence intitulée «Permettre le naturel» le 10 décembre. Renseignements: www.approche-echo.net.
vallieca@hotmail.com
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Des recettes. - par Francois Archambault (richelois@yahoo.ca)
Le vendredi 17 octobre 2008 07:00

