Une autre étude établit un lien entre la marijuana et la psychose
Mots clés : psychose, marijuana
Pour chaque étude montrant un lien direct entre marijuana et psychose, une autre est publiée afin de démontrer exactement le contraire. Rendue publique ce matin à Londres, la dernière en date pourrait faire beaucoup de vagues, ses auteurs avançant que l'adolescent ou le jeune adulte qui fume fréquemment de la marijuana augmente ses risques de développer des symptômes psychotiques... en vieillissant.
Pour en arriver à ces chiffres, l'équipe néerlandaise du département de psychiatrie et de neuropsychologie de l'université Maastricht a réuni 2437 jeunes âgés entre 14 et 24 ans, puis elle les a suivis pendant plus de quatre ans. Leur conclusion est sans appel: «L'usage modéré de cannabis accroît les risques de présenter des symptômes psychotiques chez les jeunes, mais a un effet plus marqué chez ceux qui ont des prédispositions à la psychose», note son auteur principal, le professeur Jim van Os.
Chaque jeune a été interviewé par un psychologue qui avait à déterminer s'il était vulnérable ou non à la psychose en prenant garde de vérifier si, le cas échéant, cette prédisposition n'était pas le résultat d'une médication, de l'usage de drogues autres ou d'alcool.
Âgés en moyenne de 18,3 ans au départ, les participants ont vu le nombre de jeunes affectés par des symptômes psychotiques s'accumuler avec le temps. Ainsi, au terme des quatre années d'étude, 17,4 % ont dit avoir connu un tel incident, qu'il soit grave ou non, alors que 7,1 % ont rapporté en avoir connu deux ou plus.
Cette étude s'ajoute à d'autres, aussi nombreuses que divergentes. Ainsi, une étude suédoise a aussi établi que le cannabis pouvait être un facteur de risque pour la psychose. En revanche, d'autres études faites aux Pays-Bas, en France et en Suisse parlent plutôt de symptômes qui ressemblent à des psychoses mais qui n'en sont pas véritablement.
Deux autres études faites en 2002 et en 2003 en Nouvelle-Zélande et en Australie n'ont montré quant à elles aucun lien de causalité. Qui croire? Les spécialistes en pharmacologie et en toxicomanie restent prudents.
Dans ces études, trois facteurs ont été régulièrement montrés du doigt: une forte teneur en THC, des substances ajoutées comme le LSD ou le PCP et une fragilité du consommateur, comme en fait état cette dernière étude.
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