L'année de Grande Ourse

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Paul Cauchon
Édition du lundi 29 novembre 2004

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L'Académie honore Fabienne Larouche

Rémy Girard a reçu le prix Gémeaux du meilleur premier rôle dans une comédie (Les Bougon), lors du gala tenu hier soir au théâtre Saint-Denis.

Photo: Pedro Ruiz

Très gros week-end pour la série fantastique Grande Ourse de Radio-Canada, qui a récolté douze statuettes lors du Gala des Prix Gémeaux, dont le prix de la meilleure série dramatique, de la meilleure réalisation et du meilleur texte.

Le succès de Grande Ourse, qui avait obtenu 15 nominations en prévision de ce gala, a complètement laissé sur le carreau la série Fortier de TVA, qui avait reçu le même nombre de nominations, mais qui est repartie les mains vides.
Consolation pour Fabienne Larouche, l’auteure de Fortier: elle a reçu hier soir le Grand Prix de l’Académie, le prix annuel qui veut honorer une contribution exceptionnelle. Une Fabienne Larouche «plus habituée à se battre» qu’à «recevoir de l’amour» disait-elle, qui a sobrement remercié ses collègues pour cet honneur.
Autre sujet de consolation pour Fabienne Larouche, la série Les Bougon qu’elle produit a reçu cinq prix, dont celui des meilleurs premiers rôles dans une comédie, avec Rémy Girard et Louison Danis.
Le Gala des Prix Gémeaux s’est déroulé en deux parties, d’abord samedi soir, sur les ondes de RDI, et hier soir, sur les ondes de Radio-Canada. Alors que les émissions de Radio-Canada ont obtenu la part du lion, TVA pouvait se rabattre sur le succès d’Annie et ses hommes, avec six prix (la meilleure récolte individuelle après Grande Ourse), dont celui du meilleur téléroman, du meilleur texte de téléroman et des meilleurs premiers rôles dans un téléroman, avec Denis Bouchard et Guylaine Tremblay.
Mais, malgré la «vague Grande Ourse», les premiers rôles dans une série dramatique lui ont échappé, puisqu’ils ont été obtenus par le couple de Simonne et Chartrand à Télé-Québec, Luc Picard et Geneviève Rioux.
Le week-end des Gémeaux a également été l’occasion de célébrer Isabelle Langlois, l’auteure de Rumeurs à Radio-Canada, qui a reçu le Prix Jean-Besré, un nouveau prix créé l’année dernière pour souligner l’originalité et l’innovation. Rumeurs a également terminé le week-end avec trois Gémeaux, dont celui de la meilleure comédie, devant Les Bougon.
Belle et Bum à Télé-Québec a été consacrée meilleure série de variétés et de talk-show, devant des poids lourds comme Star Académie et La fureur. Quant à la nouvelle catégorie meilleure télé-réalité, où l’on trouvait seulement trois candidates, c’est Occupation double qui l’a emporté, devant Ma maison Rona et Loft Story.
Jack Carter, qui avait onze nominations, autant que Les Bougon, a également terminé la fin de semaine les mains vides.
Autre fait notable, TQS n’a reçu aucun prix parmi les 80 décernés ce week-end. Sentant peut-être venir le coup, les organisateurs profitaient de la soirée d’hier pour souligner les 10 ans du magazine artistique de la chaîne, Flash.
Dans la catégorie meilleure interprétation humour, Véronique Cloutier, absente du gala pour les raisons que l’on sait, a remporté le prix pour l’émission spéciale Ceci n’est pas un Bye Bye. Elle avait pris soin d’envoyer un vidéo de remerciement.
Excellent week-end également pour Les Francs-tireurs à Télé-Québec, qui a remporté trois Prix Gémeaux, dont celui du meilleur magazine d’intérêt social. Mais l’animation du meilleur magazine revient à Josée di Stasio. En affaires publiques, Alain Gravel, d’Enjeux, à Radio-Canada, a coiffé au poteau Paul Arcand et Anne-Marie Dussault.
Cette 19e édition des Prix Gémeaux, organisée par l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, se voulait sous le signe de la réconciliation. Le gala d’hier soir se déroulait sans aucun animateur officiel, Normand Brathwaite ayant été écarté de l’animation. Mais les organisateurs ont créé la surprise en proposant en ouverture un numéro musical endiablé qui mettait en vedette... Normand Brathwaite et l’orchestre de Belle et Bum.
La cérémonie a été perturbée par l’arrivée impromptue sur scène d’un groupe d’étudiants du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, qui se sont emparé du micro pour dénoncer les compressions du gouvernement dans le domaine de l’aide étudiante et de la culture en général.
Le propos était clair, il a été livré avec classe, et il a semblé chaudement applaudi. Il était suivi plus tard dans la soirée d’un numéro des Zapartistes assez mordant où étaient épinglés les politiciens, du discours de Luc Picard qui affirmait que dans les «temps dangereux» que nous vivons nous aurions besoin «d’un homme droit de gauche comme Michel Chartrand», et des commentaires de Geneviève Rioux sur l’écart salarial entre hommes et femmes chez les membres de l’Union des artistes.
Quant au gala de samedi soir, qualifié d’«avant-première», il était porté par l’humoriste Laurent Paquin, qui a eu la redoutable tâche de décerner plus de 60 trophées en trois heures, situation absurde où l’on avait vraiment l’impression d’une course contre la montre.


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