Conférence de Nairobi - Les mines antipersonnel: un combat loin d'être terminé
Mots clés :

Photo: Agence Reuters
Le Département d'État américain a fait savoir vendredi qu'il n'enverrait pas de délégation à Nairobi en raison des frais de participation et de son désaccord avec certains passages clés du traité.
Si un grand nombre de vies ont pu être sauvées grâce à la Convention d'Ottawa et d'importantes surfaces nettoyées de ces sentinelles explosives, permettant aux populations concernées de reprendre une vie normale, beaucoup reste à faire, a constaté hier le président kenyan Mwaï Kibaki en ouverture de ces travaux, qui doivent durer jusqu'au 3 décembre.
«Notre conscience ne pourra trouver la paix tant que toutes les mines ne seront pas mises hors d'état de nuire et que toutes les personnes blessées ne seront pas aidées et intégrées à la société», a-t-il lancé aux plus de 1000 délégués représentant 120 pays, institutions internationales, organisations non gouvernementales (ONG) et groupes de survivants.
«La conférence doit adresser un message fort et clair tout à la fois aux producteurs et aux utilisateurs de mines terrestres pour qu'ils sachent qu'il ne s'agit pas d'une arme convenable, quelle que soit la guerre», a-t-il poursuivi avec gravité.
Échec ou succès?
La militante américaine Jody Williams, Prix Nobel de la paix en 1997 avec la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres, a pour sa part averti que la Convention d'Ottawa, qu'elle a qualifié d'«incroyable succès», risquait de déboucher sur un échec si le combat contre la dissémination de ces armes enfouies ne s'intensifiait pas.
«Nous n'en serions pas là [...] si des gouvernements ne nous avaient pas entendus. Si des gouvernements n'avaient fait preuve d'un incroyable sens des responsabilités», a-t-elle observé, affirmant aussi penser aux survivants et à leurs besoins.
Prévue dans l'article 12 de la Convention, la conférence de Nairobi rassemble l'ensemble des États parties au traité, mais aussi des États non-signataires et les organisations internationales à commencer par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et l'UNICEF (l'agence onusienne pour l'enfance). Les ONG de la Campagne internationale sont présentes en qualité d'observateurs.

