L'opposition ukrainienne veut reprendre le second tour le 2 décembre
Mots clés :

Photo: Agence Reuters
Léonid Koutchma n'a pas fourni de plus amples précisions mais, selon une source proche des discussions, la question de l'organisation d'un nouveau scrutin a notamment été évoquée. Viktor Iouchtchenko a déclaré souhaiter que cette nouvelle élection ait lieu le 12 décembre, sous la supervision d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
Jeudi, la Cour suprême ukrainienne a interdit à la commission électorale centrale (CEC) de publier les résultats de l'élection présidentielle tant que les recours introduits par le camp Iouchtchenko n'auront pas été examinés.
La CEC a proclamé vainqueur mercredi le premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch, considéré comme le candidat pro-russe, avec 49,46 % des suffrages, contre 46,61 % au chef de l'opposition Viktor Iouchtchenko, présenté comme un réformateur pro-occidental. Les observateurs internationaux et l'opposition ont cependant dénoncé des fraudes massives.
Le chef de la diplomatie européenne Javier Solana ainsi que les présidents polonais et lituaniens Aleksander Kwasniewski et Valdas Adamkus ont participé à la réunion d'hier soir, tout comme le président de la Douma russe, Boris Grizlov, le chef de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Jan Kubis, et Volodymyr Lytvyn, président du Parlement ukrainien.
«La crise qui a suivi les élections ne peut être résolue que par l'intermédiaire d'un compromis politique et juridique», a déclaré M. Koutchma au début de la réunion. Il avait auparavant remercié les émissaires européens de leurs «efforts pour que ces négociations n'aient pas lieu dans la rue, ce qui ne produit jamais de bons résultats, mais autour d'une table».
«Prétendue révolution»
Viktor Iouchtchenko, pour sa part, avait auparavant déclaré qu'il ne négocierait qu'avec Léonid Koutchma et que la principale condition pour tenir des pourparlers était la reconnaissance par le président sortant de l'invalidité de l'élection. Mais le président sortant ne semble guère céder de terrain. Lors d'une allocution télévisée, il a brocardé une «prétendue révolution», qui doit selon lui prendre fin «au plus vite».
Tandis que des milliers de partisans de Viktor Iouchtchenko campaient toujours sur la principale place de Kiev, bravant depuis cinq nuits des températures négatives, Viktor Ianoukovitch mobilisait lui aussi ses supporters. Plusieurs milliers d'entre eux se sont rassemblés devant la gare ferroviaire de Kiev, porteurs de drapeaux bleu et blanc. Nombre des fidèles de Viktor Ianoukovitch sont venus de l'est industriel du pays, où le premier ministre sortant enregistre ses principaux soutiens.
«Les gens à Kiev nous traitent comme des lépreux», a expliqué Iouri Kochoun, un partisan de Viktor Ianoukovitch venu de Melitopol, dans le sud-est de l'Ukraine. «Ils ont même refusé de nous donner de l'eau.»

