La faiblesse du dollar américain préoccupe David Dodge
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Ottawa -- La faiblesse persistante du dollar américain risque de faire fléchir la demande des États-Unis pour les produits canadiens, et ce, au moment même où l'économie mondiale semble ralentir, selon ce qu'a déclaré hier le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge.
L'appréciation du dollar canadien par rapport au billet vert américain permet de contenir l'inflation, en ce sens qu'elle rend les importations moins dispendieuses. M. Dodge a toutefois souligné, dans son allocution devant les membres du comité sénatorial permanent des banques et du commerce, que la faiblesse du dollar américain pourrait affecter les exportations canadiennes vers les États-Unis, alors qu'au même moment les prix élevés du pétrole menacent de compromettre la croissance économique mondiale.
«L'un des faits les plus importants survenus [au cours du dernier mois] est que le dollar américain s'est encore déprécié d'environ 5 % par rapport aux autres grandes monnaies flottantes, y compris le dollar canadien», a déclaré M. Dodge.
«Si les taux actuels devaient persister -- et si tous les autres facteurs économiques et financiers restaient inchangés --, cela aurait un effet modérateur sur la demande globale de produits et services canadiens», a-t-il ajouté.
Le dollar canadien a poursuivi son ascension hier, et rien ne semble vouloir l'arrêter. Le huard a gagné 0,42 ¢US pour terminer la journée à 84,72 ¢US.
«Comme la politique monétaire a pour objet de maintenir l'équilibre entre la demande et l'offre globales afin de garder l'inflation près de la cible visée, nous devons évaluer l'incidence des fluctuations de la monnaie», a dit M. Dodge.
Ces commentaires surviennent moins de deux semaines avant la prochaine date prévue pour une éventuelle modification du taux d'intérêt directeur de la Banque du Canada, soit le 7 décembre.
La banque centrale a déjà procédé à deux hausses de 0,25 point chacune de son taux directeur au cours des derniers mois, pour le porter à 2,50 %. M. Dodge a plusieurs fois fait mention au cours des récents mois de la nécessité de «réduire le degré de détente monétaire» afin d'éviter une surchauffe de l'économie canadienne ainsi qu'une perte de contrôle de l'inflation.
Les analystes sont partagés quant à la position qu'adoptera la banque centrale le 7 décembre, d'autant plus que les données rendues publiques mardi par Statistique Canada révèlent qu'en excluant les coûts de l'énergie, l'indice des prix à la consommation n'a progressé que de 1,5 % en octobre par rapport au même mois de 2003.

