Droits de scolarité: dégel en vue
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Le PLQ accepte le principe d'une hausse «raisonnable» des droits. Charest préconise un «développement durable» axé sur l'hydroélectricité

Photo: Pedro Ruiz
Le premier ministre Jean Charest a cependant donné l'assurance que les étudiants ne connaîtraient aucune hausse des droits de scolarité jusqu'à la fin du présent mandat gouvernemental comme il en avait pris l'engagement. À l'heure actuelle, les droits de scolarité s'élèvent à 1800 $ par année.
La nouvelle politique en matière de droits de scolarité du PLQ propose, en compensation de droits de scolarité plus élevés, une augmentation proportionnelle du régime des prêts et bourses. Les libéraux souhaitent aussi que soit mis en place un mécanisme de remboursement des prêts étudiants selon le revenu une fois que les diplômés accèdent au marché du travail.
L'endettement étudiant est également ressorti des débats, alors que, samedi après-midi, la Commission jeunesse du PLQ a plié l'échine après l'intervention du ministre de l'Éducation, Pierre Reid. Les jeunes libéraux exigeaient que le gouvernement corrige ce qu'ils ont appelé un «faux pas», soit la transformation de 103 millions de bourses en prêts étudiants. Ils demandaient que le gouvernement réinvestisse la somme retirée du programme dès le prochain budget ainsi qu'une révision complète du régime. Ils ont plutôt obtenu un réinvestissement massif dans le programme d'aide financière, ce qui laisse toutes les portes ouvertes au gouvernement.
Malgré cela, le président de la Commission jeunesse, Simon Bégin, tentait hier encore d'interpréter le changement de cap comme un gain pour les étudiants. Les jeunes du Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec n'ont pas tardé à dénoncer les prises de position libérales.
«Les jeunes libéraux ont laissé tomber les étudiants les plus pauvres» et ils ont fait preuve d'«aplaventrisme», ont critiqué les péquistes qui craignent que l'endettement étudiant ne monte en flèche avec une éventuelle hausse des droits de scolarité. Ce dossier a d'ailleurs amené plusieurs groupes de contestataires à manifester vendredi et samedi devant le Palais des congrès, où se déroulait le congrès du PLQ. Pour faire face à la grogne, la sécurité avait été renforcée.
Outre l'éducation, les militants ont adopté toute une série de résolutions qui constituent désormais le programme politique du PLQ. Plus les propositions soulevaient des questions de fond, moins les débats étaient longs, et l'inverse était aussi vrai. Ainsi, plusieurs militants sont intervenus au micro au sujet d'une augmentation des limites de vitesse sur les autoroutes, mais peu sur les droits de scolarité, la réévaluation du mode de scrutin ou la révision de la formule Rand.
À propos de cette dernière question, les libéraux ont décidé de rassembler le patronat et les syndicats «afin d'étudier la pertinence du statu quo et/ou de la modernisation du système de relations de travaux». Là aussi, les dirigeants du parti semblent avoir usé de tout leur poids auprès de la Commission jeunesse. L'été dernier, lors de son congrès à Trois-Rivières, la Commission jeunesse avait résolu d'abolir le financement obligatoire des syndicats au sein des entreprises (formule Rand).
C'est toutefois sur un tout autre thème que le chef Jean Charest a clôturé le 29e congrès de son parti. Il a fait une profession de foi en faveur du développement durable qu'il associe à la stratégie énergétique. M. Charest propose d'enrichir le Québec en exportant l'hydroélectricité. «Si l'Alberta est capable de s'enrichir en vendant du pétrole, pourquoi le Québec ne serait pas capable de s'enrichir avec son hydroélectricité?», a lancé M. Charest aux congressistes.
Selon la vision du premier ministre, il faut mettre un terme à l'inaction des dix dernières années qui a amené le Québec à importer de l'électricité produite par des centrales américaines au charbon. «Payer plus cher pour se polluer plus, ce n'est pas le choix du Québec», a-t-il soutenu.
Aux journalistes, il a précisé qu'Hydro-Québec avait des projets sur la table à dessin pour onze milliards de dollars, sans compter les réalisations en cours, dont les travaux sur la rivière Péribonka. Une centrale thermique au gaz, est-ce du développement durable?, lui a demandé un journaliste. M. Charest a fait valoir que peu importe le projet choisi, il y aura toujours un impact environnemental. «La vraie question, c'est plutôt de savoir lequel a le moins d'impact», a-t-il souligné.
Dans les prochains jours, le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, rendra public un avant-projet de loi sur le développement durable et la biodiversité. Une tournée de consultation suivra dans les prochains mois. «Ce sera une pièce maîtresse de notre mandat», a précisé Jean Charest qui propose au Québec d'entrer ni plus ni moins dans une nouvelle ère.
«Cette ère, c'est celle où le gouvernement et chacun de ses ministères et organismes, où toutes nos entreprises, où tous les citoyens deviennent des acteurs d'un développement harmonieux et responsable au Québec», a affirmé le premier ministre qui voit dans ce virage vert «la trajectoire de notre avenir».
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