Gaspésia: l'ADQ exige que les politiciens témoignent

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Édition du samedi 20 et du dimanche 21 novembre 2004

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Québec -- Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a exhorté hier les acteurs politiques du plan de relance raté de l'usine Gaspésia à témoigner devant la commission d'enquête sur les dépassements de coûts du projet.

«On doit ça aux contribuables, on doit ça aux Gaspésiens à qui on a fait vivre un échec, on doit ça aux entrepreneurs», a lancé M. Dumont lors d'une intervention à l'Assemblée nationale. «Je pense que, oui, les intervenants politiques devraient défiler devant la commission», a-t-il insisté.

Mise sur pied en avril dernier, soit un peu plus de deux mois après la fermeture du chantier de la Gaspésia, l'enquête présidée par le juge à la retraite Robert Lesage sera de passage à Québec à compter du 30 novembre.

La commission a été mandatée pour déterminer comment le projet de relance, évalué à 493 millions de dollars au départ, a finalement coûté 265 millions de plus.

Le mandat de la commission d'enquête a trait à la gestion administrative et financière du projet de Papiers Gaspésia mais ne comporte pas les éléments de décisions politiques qui ont mené au fiasco, a dénoncé le chef de l'ADQ.

«Ce n'est pas vrai qu'on va faire le procès des travailleurs, le procès des entrepreneurs, [alors] que ceux qui étaient en position de décision vont, au lendemain de la commission, pouvoir s'en laver les mains et jeter le blâme», a-t-il fait valoir.

Le leader adéquiste souhaite voir défiler devant la commission la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, le ministre du Développement économique, Michel Audet, l'ancien premier ministre et chef péquiste Bernard Landry ainsi que l'ex-ministre des Finances et députée de Taillon, Pauline Marois.

Les contribuables, qui ont perdu plus de 200 millions dans l'aventure de la Gaspésia, ont le droit de connaître le rôle joué par les politiciens dans cette affaire, a-t-il expliqué.

L'enquête, a dit M. Dumont, doit faire la lumière sur «les pressions politiques» qui ont pu mener des sociétés publiques comme la Société générale de financement (SGF) ou Investissement Québec à injecter des fonds «sans plan d'affaires».

Au nom du gouvernement, le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, a rappelé au chef de l'Action démocratique que la commission était maître de sa procédure.

«La commission peut convoquer qui elle veut, du travailleur sur le chantier au ministre, quel que soit le gouvernement, pour s'enquérir de toute information dont elle a besoin pour remplir son mandat», a-t-il dit.

Les commissaires peuvent en effet, par tous les moyens légaux, contraindre toute personne à venir devant eux pour faire leur travail, a ajouté M. Mulcair.

En demandant au gouvernement de déterminer «qui va être assigné comme témoin», le chef de l'ADQ démontre jusqu'à quel point «il a du mal à maîtriser des notions de base de certaines institutions dans notre démocratie», a conclu le ministre Mulcair.


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