Au sommet de l'APEC - Martin parlera de multilatéralisme avec Bush

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Édition du samedi 20 et du dimanche 21 novembre 2004

Mots clés : apec

Santiago, Chili -- À peine avait-il mis les pieds dans la capitale du Chili hier que Paul Martin ne pouvait que constater qu'il n'y a pas que dans son caucus que les sentiments envers le président américain George W. Bush sont partagés.

Les rues du centre-ville de Santiago, la ville qui accueille le Sommet des chefs d'État des pays de l'Asie-Pacifique (APEC), sont assiégées depuis quelques jours par des manifestants qui protestent contre la mondialisation mais, surtout, contre le président Bush. Et hier n'a pas fait exception, la police utilisant canons à eau et gaz lacrymogènes pour disperser la foule de milliers de personnes.

Arborant pancartes et fanions aux slogans non équivoques, les messages des manifestants ne faisaient pas dans la dentelle. «Bush: dangereux assassin», pouvait-on lire sur l'une d'elles, donnant un bon aperçu de la perception qu'a le monde du président Bush depuis la guerre en Irak.

Le président américain, tout comme la plupart des chefs d'État, est arrivé à Santiago hier en vue de prendre part au sommet qui s'ouvre aujourd'hui. M. Martin doit le rencontrer pour un court tête-à-tête qui se veut un prélude à la prochaine visite officielle du président américain à Ottawa, le 30 novembre et le 1er décembre.

Lors d'un point de presse, M. Martin a reconnu ne pas se faire d'illusions sur la présence de telles manifestations au Canada lors du passage du président américain puisqu'il s'agit là d'une expression de la démocratie.

«Il n'y a pas de doute qu'il y a des différences d'opinion, et ces différences d'opinion vont certainement se manifester, a-t-il noté. Mais tout ce qu'on demande, c'est que ces manifestations, que ce soit individuel ou en groupe, [se fassent] à l'intérieur des limites raisonnables.»

Lors de sa rencontre d'aujourd'hui avec son homologue, le premier ministre Martin entend soulever plusieurs questions. Il abordera bien sûr les différends commerciaux sur le bois d'oeuvre et le boeuf, mais il s'attardera à une question qui lui tient à coeur: la réforme des Nations unies vers un nouveau multilatéralisme.

Le premier ministre du Canada entend convaincre ses homologues des autres pays de l'appuyer dans son projet qui modifierait l'ONU pour permettre des interventions plus rapides dans des pays où des catastrophes humanitaires se profilent. M. Martin dit déjà avoir obtenu des réactions positives du premier ministre de la Grande-Bretagne, Tony Blair, et du président français, Jacques Chirac.

Il aurait déjà abordé la question à trois reprises avec George Bush, et ce dernier, selon M. Martin, se serait montré intéressé. Il ne le considère pas comme un obstacle à cette vision multilatérale, bien que le gouvernement Bush ne se soit pas montré des plus ouverts à l'ONU au cours des dernières années.

«M. Bush a ses idées, a fait valoir le premier ministre Martin. On ne demande pas que chacun exprime ses idées avec une uniformité. Ce qu'on demande, c'est qu'on ait la possibilité d'avoir un débat pour trouver le bon chemin et qu'on reconnaisse que c'est impossible pour un pays, aussi fort soit-il, de pouvoir remédier à des problèmes fondamentaux comme le sida, les maladies infectieuses ou la sécurité.»


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