Nouvel aéroport de deux milliards pour Toronto

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Édition du jeudi 18 novembre 2004

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Pickering, Ontario -- La régie des aéroports de Toronto a dévoilé hier un projet de nouvel aéroport à l'est de la ville qui «soulagerait» Pearson, la plus importante aérogare au pays.

L'ébauche présentée hier par la Greater Toronto Airport Authority (Autorité aéroportuaire du Grand Toronto) prévoit sur 30 ans la construction en plusieurs étapes de nouvelles installations qui pourraient accueillir 11 millions de passagers par année et amener des retombées économiques régionales annuelles de cinq milliards.

«[L'aéroport international] Pearson restera toujours notre pôle principal, a déclaré le vice-président de la régie, Steve Shaw. Mais de toute évidence, nous avons besoin d'une autre aérogare régionale. Nous devons accommoder nos installations aux besoins de l'aviation générale [activités aériennes qui ne correspondent pas aux services réguliers] et Pearson ne convient pas.»

Situé au nord-ouest de Toronto, l'aéroport international Pearson subit actuellement de vastes travaux de rénovation. Il accueille environ 50 millions de passagers par année.

Son éventuel auxiliaire, bâti à Pickering, à 30 km à l'est de Toronto, coûterait deux milliards et serait notamment financé avec l'émission d'obligations.

Pickering hériterait entre autres des avions de loisir et d'affaires, ainsi que des hélicoptères et des écoles de pilotage. La conception pourrait débuter dès 2007 et la construction en 2010, tandis que les premiers passagers pourraient franchir les guérites en 2012, a expliqué M. Shaw. Mais c'est le fédéral qui aura le dernier mot quant à l'opportunité du projet. Il devra en effet tenir des audiences publiques ainsi qu'une évaluation environnementale, des procédures qui pourraient prendre au moins deux ans.

Pickering, a détaillé M. Shaw, serait intégré à un dispositif qui comprendrait non seulement Pearson, mais aussi l'aéroport international de Hamilton, à 100 km à l'ouest de Toronto, dont l'affluence annuelle s'élève à neuf millions de passagers.

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, veut connaître les détails de la proposition avant de se prononcer. «Je me pose entre autres une question: qu'arrivera-t-il avec l'aéroport de Hamilton, a-t-il soulevé. Les défis qu'a dû relever l'aéroport de Hamilton récemment me préoccupent et j'aimerais voir comment le projet de Pickering y répond.»

Des habitants de la région concernée ont déjà exprimé leur opposition. Une vingtaine de personnes manifestaient d'ailleurs à l'extérieur du lieu de la conférence de presse.


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