Haïti veut faire arrêter Aristide

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AFP
Édition du samedi 13 et du dimanche 14 novembre 2004

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Port-au-Prince -- Le premier ministre haïtien Gérard Latortue a annoncé hier le lancement prochain d'un «mandat d'arrêt international» contre l'ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide, soupçonné de détournements de fonds et d'être impliqué dans des crimes politiques.

«Des instructions formelles ont été passées au ministre de la Justice pour que ce mandat soit lancé le plus rapidement possible», a précisé M. Latortue lors d'une cérémonie d'installation d'une commission d'enquête administrative sur d'éventuels détournements de fonds du régime déchu de 2001 à 2004. Cette commission est présidée par l'ex-sénateur Paul Denis (Organisation du peuple en lutte, ex-opposition).

Les autorités haïtiennes et les adversaires politiques de Jean-Bertrand Aristide, exilé aujourd'hui en Afrique du Sud, soupçonnent l'ancien chef d'État «d'importants détournements de fonds» et d'être «l'auteur intellectuel» d'un certain nombre de meurtres à caractère politique. Jean-Bertrand Aristide a toujours démenti être impliqué dans des détournements de fonds ou des crimes politiques. Son avocat américain, Ira Kurzban, basé à Miami, avait lui aussi démenti en début d'année toute implication de son client dans des affaires de trafic de drogue en Haïti.

«Il faut que des sanctions soient prises contre ceux qui ont abusé de la confiance que l'État avait placée en eux. Souvent, dans le pays, des gens volent, et la seule sanction prise contre eux, c'est qu'on les révoque, et ils vont jouir de leur fortune mal acquise», a souligné Gérard Latortue.


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