Luck Mervil, néo-patriote
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La SSJB rend hommage au chanteur engagé dans la société québécoise et haïtienne

Photo: Le Devoir
«Le Québec change à toutes sortes d'égards, note le président de la SSJB, Jean Dorion, pour expliquer un choix qui tranche un peu avec certaines nominations antérieures, faites dans la frange plus pure et dure du mouvement souverainiste. On découvre peu à peu une jeunesse donc les ancêtres n'ont pas cultivé de terres à l'île d'Orléans, mais qui se rallient au projet d'un Québec souverain. Luck Mervil est sûrement l'un des personnages les plus représentatifs de cette nouvelle tendance.»
Selon le président Dorion, le choix de Mervil comme Patriote émérite vise aussi à illustrer la «dimension internationaliste du mouvement nationaliste québécois. M. Mervil n'a jamais lâché Haïti, comme beaucoup de Québécois qui restent attachés à leurs racines étrangères. On ne veut pas perdre de vue le fait que le monde est de plus en plus interrelié».
Officiellement, la nomination d'un Patriote célèbre «la filiation entre le combat des Patriotes pour la démocratie, la liberté et la reconnaissance de l'identité nationale, et l'engagement des Québécois d'aujourd'hui» envers ces valeurs.
Pour sa part, le Patriote 2004-2005 s'est dit «surpris et touché» de la sélection. «Je ne suis pas né ici, mais on m'a quand même nommé porte-parole de la Fête nationale l'an dernier, puis là on me donne le titre de Patriote de l'année, alors que je viens de passer deux mois à ne parler que d'Haïti. Ça démontre l'extraordinaire ouverture d'esprit du Québec», estime-t-il.
Son récent séjour en Haïti, dans la foulée du passage de l'ouragan Jeanne, a été largement suivi par les médias. Luck Mervil est convaincu que cela a contribué à le faire remarquer des dirigeants de la SSJB. «Il faut rester lucide: je l'ai parce que je suis médiatisé. C'est un avantage, mais qui implique aussi une grande responsabilité. Les gestes que l'on fait et les mots que l'on dit peuvent avoir un impact. Il faut donc s'en servir à bon escient.»
C'est un peu la source de son engagement, d'ailleurs: Luck Mervil dit qu'il se sentirait «mal» d'avoir accès aux médias et de ne pas faire quelque chose pour témoigner de son devoir de citoyen. «J'essaie de prendre mes responsabilités, de parler de démocratie, d'inciter les gens à agir entre deux élections», explique-t-il.
Reste que si la SSJB l'a choisi, c'est d'abord et avant tout pour son penchant souverainiste. Là-dessus, Luck Mervil dit être un «Québécois fier», mais posé dans son militantisme. «Si le patriotisme indique une certaine foi aveugle, je n'y crois pas. Mais si être patriote veut dire croire qu'on a une nation, qu'on a une langue, qu'on est différent sur une foule de trucs et qu'on mérite ainsi notre souveraineté, là, j'adhère.»
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