Un rôle salutaire
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Hydro-Québec Distribution a présenté cette semaine son plan d'approvisionnement en électricité pour les prochaines années devant la Régie de l'énergie. Selon ce plan, Hydro aura besoin de moins d'électricité à l'horizon 2014 qu'elle ne le prévoyait le printemps dernier, mais elle espère toujours que Québec donnera le feu vert à la construction de la centrale thermique du Suroît. Allez savoir pourquoi!
Il faut donc se réjouir de l'existence de la Régie de l'énergie, qui entend les requêtes d'Hydro-Québec lorsqu'il est question de tarifs ou d'approvisionnements en électricité. Nous serions encore mieux renseignés si le gouvernement péquiste, à qui on doit la création de la Régie, n'avait pas succombé aux pressions du producteur en amputant le chapitre de la loi qui confiait à la Régie le rôle d'étudier aussi les projets de construction en fonction des critères de sécurité énergétique et de développement durable.
Cette semaine, la Régie a reçu pour approbation le Plan d'approvisionnement d'Hydro Distribution pour les dix prochaines années. Elle procédera donc à l'analyse des prévisions de la demande en électricité présentée par Hydro-Québec et des contrats que la société d'État entend signer pour combler les besoins du Québec.
Entre-temps, d'ici quelques semaines, le gouvernement aura tenu une commission parlementaire pour étudier la question de la sécurité énergétique sur la base de ces mêmes données d'Hydro-Québec, malheureusement sans attendre l'analyse critique de la Régie.
C'est donc dire que cette dernière a peu de pouvoir réel au regard des plans de développement d'Hydro-Québec. Tout ce qu'elle peut faire, c'est jouer à fond son rôle d'analyste et, de ce fait, alimenter les discussions au sein de la population.
Ainsi, dans le Plan d'approvisionnement qu'elle vient de déposer, Hydro Distribution corrige à la baisse les prévisions de demande d'électricité à long terme pour tenir compte de l'annulation du projet de modernisation de l'aluminerie Alouette et du programme d'efficacité énergétique; du côté de l'offre, elle calcule l'apport supplémentaire d'énergie éolienne et l'amélioration-surprise des réserves d'eau. Pourtant, cela ne lui suffit toujours pas à annuler le projet du Suroît. C'est qu'il y a la pointe de l'hiver qui sera plus élevée qu'on le prévoyait et exigera une puissance installée de 1000 MW de plus. Tiens donc! Et comment vérifier si c'est vrai?
Voilà pourquoi les Québécois ont tant besoin des lumières de cette régie dont le rapport remis l'été dernier concernant la sécurité énergétique et le Suroît a permis de constater qu'elle n'était pas inféodée aux diktats gouvernementaux, comme on l'avait craint. Si la Régie ne peut rien décider, elle peut à tout le moins utiliser la part d'indépendance que lui confie la loi pour jouer pleinement son rôle d'arbitre impartial en matière d'analyse des faits, dans le meilleur intérêt de tous.
j-rsansfacon@ledevoir.ca
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