Percée éphémère de Bush

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP , AP
Édition du lundi 01 novembre 2004

Mots clés : bush, kerry

Dans l'ensemble, les sondages mettent toujours Bush et Kerry à égalité

Miami -- À 48 heures du scrutin, les deux principaux candidats à l'élection présidentielle américaine, George W. Bush et John Kerry, ont tenté hier de convaincre à l'arraché les électeurs d'une poignée d'États clés dont dépend le choix du chef de l'État le plus puissant de la planète.

À deux jours du scrutin, les républicains voulaient croire à une percée de George W. Bush crédité d'une avance de six points (50 % contre 44 %) sur son adversaire démocrate John Kerry par un sondage Newsweek. Le secrétaire général de la présidence Andrew Card affichait sa confiance. «J'observe vraiment un élan énorme en faveur du président», assurait-il hier sur CNN.

Les démocrates reconnaissaient eux aussi dans leurs sondages maison un avantage au président sortant.

Mais dans le même temps, un sondage ABC News renvoyait à nouveau les deux candidats coude à coude, avec 49 % pour Bush et 48 % pour Kerry, après avoir accordé une avance plus substantielle au président sortant quelques jours plus tôt.

Quatre sondages publiés hier donnent aussi les deux rivaux à égalité, ceux de American Research Group, Zogby et Washington Post à 48-48, et celui de Fox à 46-46 alors que le Pew Research Center, qui a sondé près de 2000 électeurs bien décidés à aller voter, montre une très légère avance de Bush sur Kerry (48-45).

L'ultime bataille se livre dans les huit à dix États dont le résultat reste pour l'heure imprévisible. À quelques heures du scrutin, chacun des deux candidats, qui arpentent les États indécis, a tenté de récupérer à son compte le retour de «l'ennemi de l'Amérique» sur les écrans.

S'invitant par surprise dans la campagne après trois ans de silence, Oussama ben Laden s'est adressé vendredi soir aux électeurs américains dans une nouvelle vidéo reçue par la chaîne arabe al-Jazira. «Votre sécurité n'est pas entre les mains de Kerry ou de Bush ou d'al-Qaïda, a-t-il lancé. Votre sécurité est entre vos mains.»

Cette réapparition a donné un nouveau souffle au thème favori de George W. Bush, la guerre contre le terrorisme, sur laquelle le président a axé sa campagne, préférant éviter les sujets sensibles de la guerre en Irak ou de sa gestion de l'économie américaine.

En Floride, le président sortant a enchaîné les discours à Miami, Tampa et Gainesville, avant de retourner à Cincinnati en Ohio.

John Kerry, lui, a commencé par l'Ohio, à Dayton, avant de gagner Manchester dans le New Hampshire, puis la Floride en soirée à Tampa, les confettis de son opposant républicain ayant à peine eu le temps d'être balayés.

Le candidat démocrate à la présidentielle américaine John Kerry a promis hier un «débordement d'activité» pour assurer la sécurité des États-Unis, en cas d'élection à la Maison-Blanche.

«Je vais rendre l'Amérique plus sûre et j'ai certaines mesures très fortes» à prendre «rapidement» pour y parvenir, a déclaré le sénateur du Massachusetts, dans un entretien de 12 minutes à l'AP à bord de son avion de campagne.

En cas de victoire, John Kerry a précisé qu'il commencerait à composer son équipe «aussi rapidement» que possible. Au nombre des personnalités mentionnées pour faire partie de son équipe figurent l'ancien ambassadeur des États-Unis à l'ONU Richard Holbrooke et le sénateur Joe Biden, membre de la Commission des affaires étrangères.

Après avoir accusé de nouveau son adversaire d'avoir laissé filer l'ennemi public numéro un, John Kerry est revenu aussi hier sur l'économie et les questions sociales en attaquant le président sortant sur les coupes dans les programmes de formation continue, la couverture de santé et les pertes d'emploi. «Ce n'est pas tout d'aller à l'église tous les dimanches, de parler de la foi et de professer sa foi», a-t-il lancé.

Si les deux rivaux labourent inlassablement ces deux États, c'est que, au niveau national, aucun sondage n'arrive à les départager.

Pour conquérir les derniers indécis, les candidats n'ont d'autre option que de concentrer leurs efforts sur les États indécis, en raison du système électoral américain.

En fonction de sa démographie, chaque État dispose d'un certain nombre de grands électeurs, qui désigneront le président. Lorsqu'un candidat arrive en tête dans un État, à deux exceptions près, il rafle la totalité des grands électeurs, même s'il n'a qu'une voix d'avance.

L'Ohio, avec ses 20 grands électeurs, et la Floride, qui en compte 27, deux fiefs gagnés par Bush en 2000, concentrent donc les convoitises, ainsi que les anciens bastions démocrates du nord-est qui aujourd'hui hésitent: Iowa, Wisconsin, Pennsylvanie, Michigan et Minnesota.

Dans le nord de l'Ohio, où les emplois industriels disparaissent, John Kerry parle emploi et santé, mais dans le sud agricole, c'est Bush qui rassemble en parlant de Dieu et de la libre possession d'armes à feu.

À Miami hier, George W. Bush a tenté d'amadouer l'importante minorité cubaine, promettant de «maintenir la pression pour libérer Cuba» de Fidel Castro. Traditionnellement républicaine, cette communauté renâcle devant les dernières mesures de la Maison-Blanche limitant les visites familiales dans l'île.

Au niveau national, selon un sondage du Miami Herald, 61 % des Hispaniques soutiennent Kerry et 33 % Bush.

Une chose semble sûre, la participation (51,3 % en 2000) devrait être élevée si l'on en croit les longues files d'attente dans les États qui autorisent le vote par anticipation, comme la Floride. Selon les estimations, jusqu'à un électeur sur cinq pourrait avoir voté d'ici mardi.

Un sondage de Newsweek révélait cette fin de semaine que deux Américains sur trois jugeaient que ce scrutin était le plus important qu'ils aient connu.

Et cet afflux de nouveaux électeurs constitue une inconnue de plus dans un scrutin aussi serré.

Hier, un dernier baromètre, à la fois très populaire et peu scientifique, a tranché en faveur du candidat démocrate, puisque l'équipe de football américain de Washington DC, les Redskins, a perdu son match face aux Green Bay Packers: Or, depuis 17 élections consécutives (1936), le dernier match des Redskins avant le scrutin a toujours correctement prédit l'élection.

À chaque fois qu'ils ont gagné, le président sortant l'a emporté, et le contraire s'est vérifié.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com