Des ministres du gouvernement Martin répliquent à Gagliano
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Ottawa -- Alors que l'ex-ministre Alfonso Gagliano a répété sur toutes les tribunes, hier, que le gouvernement de Paul Martin avait fait une grave erreur en abolissant le programme de commandites, députés et ministres libéraux se sont portés à la défense des décisions du gouvernement.
«On ne peut pas tenir un programme si le but profond qui est recherché est entaché par les allégations qu'il y a eues autour de ce programme», a fait valoir Jacques Saada, ministre de la Francophonie et responsable de l'Agence de développement économique du Québec.
Stéphane Dion, ministre de l'Environnement et membre du cabinet de Jean Chrétien à l'époque de la mise sur pied du programme, a tenu des propos similaires. Ainsi, il a expliqué à sa sortie des Communes que, peu importe les opinions au sujet de l'efficacité d'un tel programme, il valait mieux y mettre fin devant des possibilités de malversations de nature criminelle.
À peine prenait-il le pouvoir, en décembre 2003, que le premier ministre Paul Martin annonçait l'abolition du programme de commandites. Deux mois plus tard, après la publication du rapport de la vérificatrice générale, il mettait sur pied une commission d'enquête et rappelait Alfonso Gagliano du Danemark, où Jean Chrétien l'avait nommé ambassadeur en janvier 2002.
Lettre ouverte
Jeudi, dans une lettre ouverte où il s'étend sur les raisons de la création des commandites en plein contexte postréférendaire, l'ex-ministre des Travaux publics reproche au gouvernement Martin de mettre en péril l'avenir du Canada en tournant le dos au programme comme il l'a fait.
«Il risque de replacer le pays dans l'état où nous l'avions recueilli des mains du gouvernement Mulroney», écrivait M. Gagliano.
M. Saada est de l'avis contraire et croit que le premier ministre Martin fait la preuve «par son ouverture» d'une nouvelle façon «prometteuse» de gérer le pays.
«Il faut être imaginatif pour trouver les façons qui vont permettre au Canada de montrer son importance pour le Québec» et l'entente asymétrique sur la santé en est un bel exemple, soutient M. Saada.
À titre de ministre des Travaux publics au sein du gouvernement de Jean Chrétien, M. Gagliano était ministre responsable du programme de commandites. Son degré d'implication dans la gestion du programme est au coeur des questions soulevées devant la Commission d'enquête sur le programme de commandites qui doit faire la lumière sur les dérapages du programme.
M. Gagliano, qui répète n'avoir rien à se reprocher, doit témoigner devant la commission au cours des prochains mois.

