LG-2, c'était il y a 25 ans - Autres temps, autres projets

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC
Édition du samedi 30 et du dimanche 31 octobre 2004

Mots clés :

L'avenir énergétique du Québec est dans la diversification, dit Jean Charest

L'évacuateur de crues de LG-2.

Photo: Le Devoir

Radisson -- L'avenir énergétique du Québec passera désormais par une variété de sources, l'époque des grands bâtisseurs de cathédrales hydroélectriques étant bel et bien derrière nous, a dit hier le premier ministre Jean Charest.

Si le développement hydroélectrique doit demeurer la priorité du gouvernement du Québec, le contexte actuel impose de lui opposer d'autres formes d'énergie, a dit le premier ministre, après avoir procédé au redémarrage symbolique du groupe turbine-alternateur n° 9, à l'occasion du 25e anniversaire de la mise en service de la centrale LG-2, rebaptisée par la suite Robert-Bourassa.

«Le défi pour la nouvelle génération de Québécois, c'est d'aborder le développement dans une perspective de respect du patrimoine naturel, de gaz à effet de serre, dans un contexte où on doit travailler en plus étroite collaboration avec les communautés autochtones. C'est un défi très différent», a dit M. Charest, lors d'un point de presse.

Plantée dans un décor de taïga, la centrale LG-2, à l'époque le plus grand complexe hydroélectrique du monde et surnommée le «projet du siècle», avait été mise en service par le premier ministre d'alors, René Lévesque, le 27 octobre 1979. Située à 1000 kilomètres au nord de Montréal, il s'agissait de la première des huit centrales construites depuis à la Baie-James.

Hydro-Québec a pour 15 milliards de dollars de projets de barrages en voie d'être réalisés, a fait valoir M. Charest, pour rappeler que cette source d'énergie demeurait, et de loin, la priorité du Québec.

«Si on construit correctement, et nous en sommes capables, il n'y a rien qui nous empêche de faire ce que nous faisons le mieux, qui est d'exploiter l'énergie hydroélectrique», a-t-il ajouté.

M. Charest visitait pour la première fois de sa vie le complexe hydroélectrique qui a fait la fierté de générations de Québécois et il s'est dit très impressionné.

«Le Québec va continuer à mettre beaucoup l'accent sur l'hydroélectricité. C'est notre force, c'est notre géographie qui nous offre cet avantage. Mais nous allons également aller vers d'autres sources: l'énergie renouvelable, l'éolien et aussi l'efficacité énergétique. Il y aura une très forte préoccupation pour les énergies renouvelables», a-t-il assuré.

Inspiré par les réalisations de certains de ses prédécesseurs, dont l'ex-premier ministre Robert Bourassa, décédé en 1996 et considéré comme le «père» de la Baie-James, M. Charest a dit qu'il aimerait aussi passer à l'histoire comme un homme politique qui laissera une marque.

«J'ose penser qu'un jour je pourrais poser un geste qui laisserait un legs aussi important, mais qui ne serait pas juste dans le domaine de l'énergie», a-t-il dit, sans vouloir préciser quel type de contribution il aimerait léguer aux générations futures.

Parmi les dignitaires, étaient présents le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, le grand chef du Grand conseil des Cris, Ted Moses, le président d'Hydro-Québec, André Caillé, et André Bourbeau, président du conseil d'Hydro-Québec. L'épouse du premier ministre défunt Robert Bourassa, Andrée Simard Bourassa, assistait également à l'événement.

Le président d'Hydro-Québec, André Caillé, a indiqué pour sa part qu'il estimait avoir obtenu l'assurance que le gouvernement Charest appuyait totalement les orientations prises par la société d'État.

«L'hydroélectricité, c'est la meilleure affaire qui puisse arriver. On le sait qu'on est capables de répéter ce qui s'est produit ici et faire de grands projets de développement. Il y a un potentiel hydroélectrique considérable au Québec», a-t-il dit en point de presse, avant d'ajouter qu'il sentait que «le gouvernement de M. Charest est favorable au développement hydroélectrique. On a leur appui».

L'hydroélectricité accapare 95 % de l'énergie totale produite par Hydro-Québec, qui prévoit investir 3,5 milliards de dollars par année jusqu'en 2020.

La construction de grands barrages a été mise de côté pendant plusieurs années en raison de tensions majeures avec les Cris, tensions qui ont pris fin avec la signature de la Paix des Braves en 2001.

Les principaux projets en voie de réalisation sont Toulnustuc, sur la Côte-Nord, Péribonka, au nord du lac Saint-Jean, et Eastmain-1, à la Baie-James.

La capacité de production d'Hydro-Québec s'établit actuellement à 190 TWh et sa marge de manoeuvre demeure faible, malgré les pluies abondantes de l'été.

Pendant ce temps, Hydro-Québec prévoit que la demande d'électricité au Québec croîtra à un rythme de 1,5 % par année d'ici 2008.

Hydro-Québec compte donc augmenter sa capacité de production de 10 TWh d'ici cinq ans, en accroissant la productivité des installations actuelles et en devançant la mise en service de certaines centrales.

L'autre grand projet sur lequel mise la société d'État est la construction, sur la rivière Romaine, d'un complexe de quatre centrales hydroélectriques d'une puissance totale de 1500 MW.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com