Conciliation travail-famille - Québec veut créer des bureaux du temps
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Québec -- Le gouvernement Charest dit non à la réouverture de la loi sur les heures d'affaires, préconisant en lieu et place l'instauration partout au Québec de «bureaux du temps», chargés de mieux concilier le travail et la vie familiale.
Déjà implantés en France et en Italie, ces structures ont pour mission première de tenter de coordonner, sur une base locale, les horaires des commissions scolaires, des commerçants, des entreprises, et ce, afin de faciliter la vie de famille.
«Cette formule permettrait, entre autres, d'avoir des horaires ou une façon différente de gérer ce dossier-là à Montréal, au Saguenay-Lac-Saint-Jean ou dans le Bas-Saint-Laurent», a illustré M. Béchard.
Cependant, cette solution ne satisfait pas l'opposition officielle péquiste, qui réclame un nouveau débat public sur les heures d'affaires au Québec et une intervention du gouvernement pour remettre au pas les grands propriétaires de centres commerciaux.
Ces derniers exigent de leurs locataires commerçants qu'ils prolongent leurs heures d'ouverture, sous peine d'amendes atteignant 100 $ par jour, a dénoncé le député de Johnson, Claude Boucher.
«Il n'y a eu aucun avantage à cette ouverture prolongée dans les centres commerciaux, sauf pour les propriétaires et pour ceux qui vont recueillir les pénalités qui sont imposées. Où est-ce que ça va arrêter?», a-t-il dit.
Les travailleurs à faible revenu, surtout des femmes, font les frais de la décision des promoteurs, a poursuivi le député.
Bien que parfaitement légale en vertu de la loi actuelle, la prolongation des heures d'ouverture brime la vie familiale de centaines de travailleuses et impose un fardeau financier supplémentaire aux petits commerçants qui peinent à boucler leurs fins de mois, selon l'opposition.
«Nous voulons une commission parlementaire sur la question des heures d'ouverture, pas sur une éventuelle politique de conciliation famille-travail en 2006. Le problème se vit maintenant, il faut donc agir maintenant», a dit M. Boucher.
Bien que «préoccupé» par l'impact de l'allongement des heures d'ouverture sur les familles, le ministre Béchard a fait comprendre qu'il n'était pas question d'ouvrir la loi pour restreindre, de façon «mur à mur», la liberté de commerce.
«De plus en plus, dans une même famille, chaque personne a un horaire différent. Il est de plus en plus difficile d'en arriver à dire: bien voici, tout le monde a le même horaire, tout le monde agit de la même façon dans les mêmes heures», a-t-il dit.
Conséquemment, l'instauration des «bureaux du temps» est une solution beaucoup mieux adaptée, selon lui, à la réalité des familles d'aujourd'hui.
La position inflexible du ministre a beaucoup déçu le député Boucher. «Je croyais qu'il avait un coeur pour les familles», a-t-il dit, d'un ton dramatique.

