L'Irak appelle l'ONU à la rescousse
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Washington est critiqué
Bagdad -- Le premier ministre irakien Iyad Allaoui a déploré hier l'insuffisance des forces de l'ordre pour sécuriser les élections prévues en janvier et a affirmé avoir demandé l'aide de l'ONU.M. Nakib a ajouté que la police comptait actuellement 135 000 membres, alors que M. Allaoui a estimé que 500 000 policiers étaient nécessaires pour maintenir la sécurité pendant le scrutin.
«Nous avons demandé l'aide de l'ONU et j'ai personnellement demandé à Kofi Annan d'envoyer des troupes internationales pour aider les Irakiens», a dit M. Allaoui à la presse. Il a déclaré devant le Conseil national (Parlement intérimaire) que les membres de la commission électorale (indépendante) avaient «de vrais problèmes qui seront difficiles à surmonter», dont, par exemple, l'identification des Irakiens qui vivent en exil et qui peuvent voter.
Le premier ministre a répété, par ailleurs, que le gouvernement n'avait pas épuisé tous les moyens pacifiques concernant la ville rebelle de Fallouja où, a-t-il reconnu, la situation est toujours explosive.
L'armée américaine avait affirmé auparavant avoir éliminé, lors d'un raid aérien sur Fallouja, l'un des collaborateurs de l'islamiste Abou Moussab al-Zarqaoui.
«Les raids récents contre le réseau d'Abou Moussab al-Zarqaoui ont sévèrement réduit sa capacité à mener des attaques ainsi que l'influence de son chef terroriste», selon un communiqué militaire.
M. Allaoui a de son côté rappelé qu'il n'y avait «aucun problème avec les habitants de la ville, mais avec les groupes djihadistes venus de l'extérieur et qui y sont retranchés». Les États-Unis ont mis à prix la tête de Zarqaoui, leur ennemi numéro un en Irak, pour 25 millions de dollars. Son réseau a revendiqué de nombreux attentats meurtriers dans le pays, dont le massacre de 49 recrues de l'armée irakienne samedi au nord de Bagdad.
Mais le premier ministre a montré du doigt hier la Force multinationale au sujet de ce drame. «Un crime odieux a été commis, coûtant la vie à un nombre important de recrues de l'armée et nous pensons qu'il y a une grande négligence de la part de certains éléments de la Force multinationale», a-t-il accusé, sans plus de précisions.
Un porte-parole des forces de la coalition a déclaré que les seuls responsables du massacre étaient des «terroristes». «Il s'est agi d'un massacre systématique, perpétré de sang-froid par des terroristes. Ces derniers, et personne d'autre, sont à tenir entièrement responsables de ces actes haineux, a-t-il dit dans un e-mail adressé à Reuters. Le gouvernement intérimaire irakien enquête sur ce tragique incident. Nous apporterons notre entier soutien et notre coopération pour établir les faits et éviter la répétition d'événements similaires.»
Lundi, Allaoui avait ordonné l'ouverture d'une enquête pour déterminer si les auteurs du massacre avaient bénéficié de complicité au sein de l'armée.
Un vice-président irakien, Roj Nouri Shawis, a demandé hier depuis Washington une enquête sur les raisons pour lesquelles les 49 recrues de l'armée irakienne massacrées samedi n'avaient pas bénéficié de la protection nécessaire.
M. Shawis a rencontré lundi à Washington le secrétaire d'Etat adjoint Richard Armitage. Il a indiqué avoir également eu des entretiens avec des membres du Conseil national de sécurité américain, des responsables du Congrès et du Pentagone.
Les entretiens avec M. Armitage ont porté sur la sécurité en Irak, les élections prévues en janvier dans ce pays, la formation de la nouvelle armée irakienne et l'aide de l'ONU, selon un communiqué du département d'État.

