Le vote crucial des Hispano-Américains

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Jean-Frédéric Légaré Tremblay
Édition du mercredi 27 octobre 2004

Mots clés :

Tout groupe d'électeurs distinct a le potentiel d'être le «sésame, ouvre-toi» de la Maison-Blanche pour chacun des partis lorsque l'élection s'annonce aussi serrée. Les Hispano-Américains revêtent cependant une importance particulière dans la campagne électorale actuelle alors qu'ils sont plus courtisés que jamais par les deux partis. Ils forment en effet, depuis 2000, la communauté culturelle la plus importante des États-Unis (14 % de la population). Et même si seulement 40 % d'entre eux sont inscrits sur les listes électorales, ils représentent tout de même plus de 10 % de l'électorat dans trois États pivots, lesquels pourraient faire pencher la balance le 2 novembre: le Nouveau-Mexique (36 %), l'Arizona (16 %) et la Floride (14 %).

L'attention que leur portent les deux partis tient également à leur comportement électoral, de plus en plus volatile: alors qu'ils ont longtemps été des démocrates invétérés, ils se montrent de plus en plus enclins à basculer du côté républicain. En 1996, le républicain Bob Dole avait obtenu le vote d'un Hispano-Américain sur six; en 2000, Bush en a récolté un sur trois. Le glissement progressif vers les républicains -- toutefois ralenti par la timidité des mesures de l'administration Bush à l'endroit des travailleurs d'origine mexicaine -- est également corrélé par un taux élevé (34 %) d'indécis et d'indépendants. Cette posture équivoque des Hispano-Américains dissimule peut-être les clés de la Maison-Blanche.

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L'auteur est chercheur-boursier Marc-Bourgie à la chaire Raoul-Dandurand et candidat au doctorat en science politique à l'UQAM.


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