Dur coup pour l'armée d'Irak

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AFP , AP , Reuters
Édition du lundi 25 octobre 2004

Mots clés : massacre

Al-Zarqaoui revendique le massacre de 50 recrues

Des corps ont été rassemblés hier près de Baaqouba, à l'endroit où s'est déroulé samedi l'assassinat de 50 recrues de l'armée irakienne qui venaient de célébrer 20 jours de formation. - Mohammed Adnan EPA Photos

Le groupe du jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, l'ennemi public numéro un des États-Unis en Irak, a revendiqué hier le massacre samedi de 50 recrues de l'armée irakienne dans une embuscade tendue au nord de Bagdad dans l'un des attentats les plus sanglants contre l'armée irakienne renaissante.

Par ailleurs, un diplomate américain a été tué hier dans une attaque au mortier sur Camp Victory, près de l'aéroport de Bagdad. Ed Seitz, officier de sécurité à l'ambassade, est le premier diplomate américain tué dans le conflit irakien, a indiqué un responsable du département d'État à Pékin.

«Les corps de 37 nouvelles recrues tuées par balles, dont certaines avaient les mains liées, ont été retrouvés au bord de la route, et les corps de 12 autres se trouvaient à bord d'un minibus incendié à quelques mètres de là», a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le colonel Adnane Abdel Rahmane.

«Les recrues, toutes originaires des provinces du sud de l'Irak, à majorité chiite, revenaient samedi chez elles à bord de trois bus quand elles ont été interceptées par un groupe d'hommes armés dans la province de Diyala», a-t-il dit. Les recrues avaient célébré samedi leur promotion après 20 jours d'entraînement.

L'attaque a eu lieu sur une route à 25 km à l'est de Baaqouba, chef-lieu de la province de Diyala, théâtre de fréquentes attaques contre les forces irakiennes et étrangères.

C'est sur un site Internet islamiste qu'a été publiée la revendication de ce massacre attribuée à l'Organisation al-Qaïda du Jihad dans le pays du Rafidaïn (nom arabe de la Mésopotamie), le groupe d'Abou Moussab al-Zarqaoui.

«Les fils de l'Organisation al-Qaïda pour la guerre sainte en Irak [nouveau nom du mouvement] sont parvenus à tuer 48 de ceux qui sont réputés pour être des gardes idolâtres de l'Irak après leur départ d'une base de Kirkouch [...] pour se rendre en permission dans le sud du pays», peut on lire dans ce document dont l'authenticité n'est pas vérifiable.

«Les moudjahidin les ont tous tués, ont volé deux véhicules et les soldes qu'ils venaient de recevoir de leurs maîtres», poursuit l'auteur.

La nouvelle armée irakienne a déjà essuyé de lourdes pertes comme lors d'un attentat suicide perpétré le 11 février contre un centre de recrutement de l'armée à Bagdad qui avait fait 47 morts.

Pour le vice-gouverneur de la province de Diyala, Aqil Hamid al-Adili, les auteurs de l'attaque avaient probablement des contacts au sein de l'armée ou d'autres groupes. «Sinon, les tireurs n'auraient pas pu savoir que les soldats quittaient leur camp d'entraînement et qu'ils n'étaient pas armés», a-t-il commenté sur la chaîne d'information al-Arabiya.

La semaine dernière, un responsable du Pentagone avait confié à des journalistes à Washington que certains membres des services de sécurité irakiens avaient noué des sympathies et lié des contacts au sein de la guérilla ou que dans d'autres cas des infiltrés avaient été envoyés rejoindre les forces irakiennes. L'ampleur de cette éventuelle infiltration n'est pas connue.

Raid aérien

Ailleurs en Irak, les violences ont fait 15 autres morts, hier.

L'armée américaine a indiqué avoir lancé un raid aérien contre un repaire présumé de rebelles à Fallouja, à l'ouest de Bagdad. La police et l'hôpital de la ville ont fait état de six morts, dont trois policiers.

À Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, les corps d'un policier irakien et d'une personne avec un billet le présentant comme un «espion syrien à la solde des forces américaines» ont été découverts, selon la police locale.

Selon des sources hospitalières dans cette localité, cinq autres personnes ont été tuées et 18 autres blessées dans la journée lors d'affrontements entre hommes armés et soldats américains.

Au nord de Kerbala (centre), un dignitaire religieux chiite et un policier ont été tués par des tirs d'inconnus, selon la police locale.

D'autre part, à l'ouest de Kirkouk (nord), le corps d'un inconnu décapité a été repêché dans le Tigre, selon la police qui ne l'a pas identifié.

Près de Kerbala (à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad), un militaire bulgare a été tué par l'explosion accidentelle d'un camion rempli d'explosifs, a annoncé Sofia.

À Sadr City, quartier chiite de Bagdad, l'armée américaine a lancé une opération de recherche d'armes après une campagne qui a permis de collecter des milliers de mines, de fusils et de munitions en échange desquels les autorités ont payé quelque cinq millions de dollars.

Enfin, l'ONU, par la voix de son émissaire en Irak, s'est dit prête à aider les Irakiens en vue d'éviter le boycottage des élections prévues en janvier 2005 par les sunnites.

Ashraf Jehangir Qazi, envoyé spécial en Irak du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, a affirmé que l'ONU «était prête à jouer le rôle» de négociateur pour empêcher un boycottage. Le Comité des oulémas sunnites a menacé de boycotter les élections en cas de poursuite de l'offensive américaine à Fallouja, à 50 km à l'ouest de Bagdad.


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