L'espoir renaît d'intégrer l'église
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Erskine & American au Musée des beaux-arts
Le rêve d'intégrer l'église Erskine & American au Musée des beaux-arts de Montréal reprend vie grâce à une idée de partenariat public-privé (PPP) défendue par la firme de maçonnerie L. M. Sauvé.La congrégation Erskine & American de l'Église unie du Canada a récemment fusionné à la congrégation St. Andrews & Dominion Douglas, laissant vacant son bâtiment du 3407 de l'avenue du Musée. L'immeuble en pierre de taille date de la fin du XIXe siècle et abrite une des plus importantes collections mondiales de vitraux de la célèbre maison Tiffany.
«Le partenariat proposé porte sur la conception, la réalisation et le financement des travaux d'aménagement de l'église Erskine & American en pavillon des traditions historiques religieuses ainsi que sur l'entretien extérieur de l'ouvrage», résume un document de la compagnie montréalaise L. M. Sauvé limitée, dont Le Devoir a obtenu copie. «L'exploitation et l'entretien intérieur de l'ouvrage seront sous le contrôle et la responsabilité du MBAM.» La proposition formulée il y a quelques mois s'inspirerait du modèle retenu pour les travaux d'aménagement du Grand Palais des Champs-Élysées, à Paris.
Selon cette idée, la firme L. M. Sauvé se chargerait de négocier la transaction immobilière, y compris le démarchage auprès des gouvernements et du propriétaire de l'immeuble. La compagnie privée réaliserait ensuite la transformation du pavillon et même son entretien à long terme. Elle s'occuperait aussi de la restauration des vitraux.
Tous ces travaux, dont de très coûteux ouvrages de maçonnerie, sont estimés à une douzaine de millions de dollars.
En contrepartie, Québec et Ottawa s'engageraient à verser périodiquement des sommes dans un compte en fiducie sur une période de 20 ans. Le montant «provisoirement estimé» oscille autour de 500 000 $ par année pour chacun des ordres de gouvernement.
Le PPP prévoit la vente de l'église pour 1,6 million. Par contre, les vitraux ne seraient que prêtés au MBAM, avec option d'achat au terme d'une période de 25 ans. Le programme prévoit également que le musée accumulerait six millions de dollars en dons du secteur privé, essentiellement pour assurer l'exploitation du nouveau pavillon des traditions historiques religieuses.
«Nous avançons une solution alternative sérieuse», résume Mario Brodeur, architecte et consultant auprès de la firme L. M. Sauvé. «Notre compagnie possède une expérience reconnue depuis 50 ans dans la restauration de maçonnerie. Des travaux substantiels doivent être entrepris pour restaurer l'église Erskine & American. Nous assurerions même l'entretien de l'enveloppe pour 25 ans.»
Il s'agirait du deuxième PPP pour cette entreprise. En janvier prochain, des ouvriers s'attaqueront à la façade de l'église Saint James, rue Sainte-Catherine, à Montréal. Ils abattront des sections d'immeubles commerciaux qui cachent et défigurent le devant de ce lieu de culte depuis quelques décennies. «Nous peaufinons le concept, dit M. Brodeur. Nous irons très bientôt en appel d'offres auprès de démolisseurs.» Dans ce cas, la location des édifices restants et rénovés servira à couvrir les coûts d'aménagement.
Le ministère de la Culture et des Communications confirme avoir reçu «depuis peu» l'offre de L. M. Sauvé. «La proposition sera portée à l'étude, dit Isabelle Melançon, porte-parole du ministère. Nous devrions donner notre réponse d'ici quelques semaines ou quelques mois.» L'îlot Balmoral, à l'ouest de la Place des Arts, fait également l'objet d'une étude de PPP. Quatre consortiums planchent depuis des mois sur leurs projets d'aménagement du terrain où devraient être érigés la nouvelle salle de l'OSM ainsi que les conservatoires de musique et d'art dramatique de Montréal.
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