Élections américaines - Kerry affiche désormais sa foi religieuse pour contrer Bush

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AFP
Édition du lundi 25 octobre 2004

Mots clés : kerry, bush

Fort Lauderdale -- La course à la Maison-Blanche n'est pas une affaire d'enfants de choeur, mais John Kerry, qui l'a été, clame désormais sa foi religieuse, versets de la Bible à l'appui, pour contrer George W. Bush sur ce terrain.

«Je ne porte pas ma foi en bandoulière», avait dit M. Kerry devant la convention de son parti fin juillet, au cours de laquelle il avait été officiellement désigné candidat à la présidentielle du 2 novembre.

Mais depuis, le sénateur catholique du Massachusetts a senti l'air du temps et a progressivement affiché sa foi, en soulignant que son expérience d'enfant de choeur l'avait aidé pendant la guerre du Vietnam et l'avait guidé plus tard en politique.

Peu d'élections ont été aussi influencées par la religion que celle de cette année, alors qu'un courant chrétien évangélique en pleine expansion et un président qui a redécouvert sa foi à 45 ans donnent le ton d'une véritable renaissance religieuse.

Les deux candidats avaient invoqué Dieu en concluant leur premier débat télévisé fin septembre. Aucun débat présidentiel, depuis le premier, il y a 44 ans, ne s'était terminé sur une telle note de religiosité.

Un sondage mené par Time Magazine en juin montrait que les électeurs se disant «très religieux» soutenaient la candidature du républicain Bush à 59 %, contre 35 % pour son adversaire démocrate. Ceux qui se présentaient comme «non religieux» étaient pro-Kerry, à trois contre un.

Le Bon Samaritain

Le candidat démocrate s'est souvent rendu dans des églises fréquentées par des Noirs dans des États-clés indécis comme l'Ohio et la Floride. «Ça ne suffit pas, mon frère, de dire que vous avez la foi quand il n'y a pas d'acte, une foi sans acte est morte», avait lancé M. Kerry, en s'inspirant de l'évangile selon saint Jean, en l'église baptiste du mont Sion, à Cleveland (Ohio), début octobre.

L'allusion vise M. Bush, qui ponctue ses discours de références religieuses et flatte la base conservatrice chrétienne, mais, selon les démocrates, n'a pas joint le geste à la parole pour lutter contre la pauvreté et le chômage et pour développer la protection sociale.

M. Kerry avait conclu son discours au mont Sion en citant la parabole du Bon Samaritain. «C'est clair: pendant quatre ans, George W. Bush a parlé de compassion, mais il a marché à côté. Il a vu des gens dans le besoin, mais il a traversé la rue», a-t-il critiqué.

John Kerry est allé deux fois à la messe durant le week-end, dans une église catholique au Nouveau-Mexique samedi soir, puis chez des protestants noirs en Floride hier. Il devait ensuite prononcer un discours sur la foi et les valeurs.

Sa stratégie s'inspire fortement du président Bush, protestant méthodiste, qui a placardé la religion au frontispice de son administration.

Dans une course à la Maison-Blanche très serrée, à neuf jours du scrutin, les positions de M. Kerry, catholique pratiquant, sur le droit à l'avortement et le mariage homosexuel, peuvent lui coûter des voix.

Les catholiques représentent environ un quart de l'électorat au niveau national, dont beaucoup sont concentrés dans les États-clés indécis comme l'Ohio ou la Pennsylvanie.

Leur vote reste incertain, 50 % soutenant Kerry, un chiffre en progrès de 17 points en deux semaines, selon un sondage de l'institut Pew à la mi-octobre.


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