Pas de répit dans les attaques entre Bush et Kerry

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AFP , AP
Édition du mercredi 20 octobre 2004

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Sous le chaud soleil de la Floride, le président George W. Bush a travaillé fort, hier, pour dépeindre son adversaire démocrate John Kerry comme une personne «incompétente» pour diriger les États-Unis en cette période d'insécurité. À moins de deux semaines des élections, la lutte reste extrêmement serrée partout au pays, et les attaques que se lancent Bush et Kerry sont chaque jour plus dures et plus mordantes

Photo: Agence Reuters

George W. Bush a continué hier à appeler les Américains à ne pas faire confiance à son rival John Kerry pour défendre les États-Unis, déclenchant une furieuse contre-offensive contre les «arnaques» du président.

«Mon opposant n'est ni préparé ni compétent pour être le commandant en chef», a martelé George W. Bush lors d'une nouvelle visite en Floride, au lendemain du début des opérations de vote dans cet État très indécis.

À l'approche du scrutin du 2 novembre, le président républicain a fait de la sécurité le thème central de sa campagne de réélection, misant sur la persistance du sentiment d'inquiétude des Américains, trois ans après les attentats du 11 septembre 2001.

Cette priorité oblige John Kerry à adapter son message, en répondant aux attaques tout en maintenant l'offensive sur ses thèmes de prédilection, soit la santé, la sécurité sociale et le pouvoir d'achat. «Nous ne pouvons pas ne pas répondre. Nous allons répliquer très agressivement au cours des prochains deux ou trois jours», a expliqué Mike McCurry, l'un des conseillers du candidat démocrate.

Le colistier de Kerry, John Edwards, a accusé lundi soir George W. Bush d'«arnaquer les Américains en faisant croire qu'il est le seul à pouvoir mener avec efficacité la guerre contre le terrorisme». Le ton des attaques est d'autant plus dur qu'aucun des deux candidats ne prend l'avantage dans les sondages.

Après une fin de semaine plutôt favorable à M. Bush, une nouvelle enquête le replace à égalité avec John Kerry, avec 46 % des intentions de vote. Fait plus préoccupant pour lui, seuls 44 % des Américains approuvent son action, un taux exceptionnellement bas pour un président en exercice, selon le New York Times, qui publie le sondage.

Une autre enquête, effectuée pour le Washington Post, accorde cependant un taux d'approbation de 54 % au président, crédité d'une avance de trois points sur John Kerry, mais ce dernier le devance dans les États les plus indécis.

Dans ce climat d'attaques incessantes, la presse consacre chaque jour de longs articles à traquer «les exagérations» et les «distorsions» des candidats. Kerry est ainsi sur la sellette pour avoir fait porter à Bush la responsabilité de la pénurie de vaccins contre la grippe ou avoir affirmé que, s'il était réélu, le président rétablirait la conscription.

De son côté, George W. Bush est montré du doigt pour avoir cité John Kerry hors contexte ou avoir trahi ses propos, ou pour sa présentation trop positive de la situation en Irak, où la barre des 1100 soldats américains tués a été franchie.

Une forte attention est par ailleurs accordée au début du vote en Floride, l'État qui avait scellé la victoire de Bush après des semaines de polémique sur le recomptage des voix. Quelques problèmes ont été signalés lundi, au premier jour, notamment au sujet de formulaires ou d'ordinateurs.

Au total, les électeurs de plus de la moitié des cinquante États ont la possibilité de voter avant le 2 novembre, à l'image de l'ancien président George Bush et de son épouse Barbara, qui ont apporté lundi deux voix à leur fils dans le Texas.


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