Margaret Hassan vit en Irak depuis une trentaine d'années et a épousé un Irakien - La responsable de Care est enlevée à Bagdad
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Photo: Agence Reuters
«Nous tenons à souligner qu’elle se considère irakienne. L’Irak est son pays. Elle vit là-bas depuis des années et n’envisagerait jamais de revenir en Grande-Bretagne», a déclaré une porte-parole de l’organisation.
Dans l’enregistrement vidéo diffusé par al-Jazira, Margaret Hassan est assise dans une pièce et semble nerveuse. Le film montre en gros plan ses papiers d’identité. Selon al-Jazira, le document est complété par une déclaration d’une organisation irakienne non identifiée.
Présente dans plus de 70 pays, Care International est l’une des principales organisations non gouvernementales (ONG). Elle était aussi jusqu’à hier l’une des rares à poursuivre ses activités en Irak, la plupart des ONG ayant quitté le pays en raison de la détérioration de la situation. Mais voilà que Care a décidé de cesser ses opérations en Irak, a annoncé ce matin le directeur exécutif de Care Australie, Robert Glasser. «Notre personnel là-bas ne travaille plus actuellement, a-t-il dit. Il ne travaille certainement pas dans les circonstances actuelles».
Selon son directeur exécutif, Care Australie ignore pourquoi Mme Hassan a été enlevée. «Jusqu’à maintenant, nous n’avons connaissance d’aucune motivation justifiant son enlèvement et autant que nous le sachions, Margaret est en bonne santé en ce moment».
«Margaret Hassan a contribué à procurer de l’aide humanitaire à ses compatriotes irakiens pendant plus de 25 ans en Irak, travaillant en premier lieu avec les plus pauvres parmi les pauvres, avec des femmes et des enfants», a déclaré M. Glasser, qualifiant l’enlèvement de «vraiment terrifiant».
Le mari de l’otage, Tahseen Ali Hassan, a déclaré à la télévision Al-Jazira depuis Bagdad: «Quand ma femme s’est approchée de son bureau, deux voitures ont entouré son véhicule. Les ravisseurs ont attaqué le conducteur et pris le contrôle de sa voiture, l’emmenant vers une destination inconnue», a-t-il raconté.
«Nous n’avons rien entendu dire à propos du groupe et personne ne nous a contactés», a-t-il ajouté.
Le premier ministre britannique, Tony Blair, a assuré que le gouvernement ferait tout ce qui est en son pouvoir pour que Margaret Hassan recouvre la liberté. «Voici quelqu’un qui vit en Irak depuis 30 ans, qui y jouit d’un immense respect, qui s’est entièrement consacrée à ce pays. Cela montre contre quel type d’individus nous devons lutter, s’ils sont capables d’enlever quelqu’un comme elle», a-t-il dit.
La violence
Quatre membres de la Garde nationale irakienne ont été tués et environ 80 blessés par un tir de mortier sur leur base au nord de Bagdad. Dans un communiqué, le ministère de la Défense précise que l’attaque s’est produite à Tarmiya, à environ 25 km au nord de Bagdad.
Des avions américains ont mené en outre dans la nuit des frappes contre ce que l’armée a présenté comme des cibles proches d’al-Zarkaoui à Fallouja.
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a estimé que toute opération de répression menée contre les insurgés dans des villes hostiles au gouvernement central, telle que Fallouja, devait être soigneusement dosée. «Dans ce genre de situation, deux guerres coexistent, a-t-il déclaré à Londres. La guerre visant à gagner les cœurs et les esprits de la population, ainsi que les tentatives d’éradication de la violence. Les deux doivent être menées de front et doivent être dosées de façon à ce qu’on soit capable de faire adhérer la population à ce qu’on fait.»
Londres dira oui
Londres s’apprêtait hier à céder à la requête américaine de redéployer des troupes de Bassorah vers Bagdad, en dépit des réserves formulées par l’opposition et de la colère des médias face à ce qui est perçu comme un coup de pouce politique à George Bush. «Nous nous dirigeons évidemment vers une réponse positive», a concédé le ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, à la BBC.
Le feu vert n’a certes pas encore été donné officiellement pour le déménagement de quelque 650 militaires britanniques, actuellement basés à Bassora, vers des zones plus dangereuses, dans le secteur sous commandement américain, en «pays» sunnite. L’avis final du chef d’état-major britannique, le général Michael Walker, devrait être donné «dans le courant de la semaine», a seulement indiqué M. Straw.
Une équipe britannique a été envoyée hier sur le terrain pour étudier les conséquences logistiques d’un tel redéploiement, auquel sont hostiles les opposants à l’intervention militaire britannique en Irak. «Nous sommes très ouverts à cette proposition», a déclaré pour sa part Jack Straw. La presse s’accordait toutefois hier à dire que l’accord officiel de Londres à la requête américaine sera donné demain, lors de la réunion du cabinet (gouvernement restreint), avant d’être annoncé aux Communes par Tony Blair.
Quant aux détails présumés de ce redéploiement en Irak, ils sont dans la presse depuis plusieurs jours, les soldats concernés appartenant, semble-t-il, au régiment écossais du Black Watch, stationné à Bassora comme force de réserve.

