70 000 morts au Darfour depuis mars
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Alors que près de 70 000 personnes sont mortes de maladie ou de malnutrition au Darfour (ouest du Soudan) depuis mars dernier, l'aide internationale demeure insuffisante, a indiqué hier un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les agences humanitaires, a-t-il déploré, n'ont reçu pour l'instant que la moitié des 300 millions de dollars nécessaires pour venir en aide à 1,4 million de personnes déplacées, dont 200 000 réfugiés installés au Tchad, qui souffrent de maladies (dysenterie, hépatite E, choléra) et de malnutrition et vivent dans des conditions sanitaires déplorables.
Si on considère l'attention et la couverture médiatique accordées au Darfour, «il est stupéfiant de constater qu'on ne peut toujours pas obtenir l'argent nécessaire», a-t-il estimé. Pour le docteur Nabarro, le prix de cette impuissance «se mesure en nombre de morts».
10 000 morts par mois
Selon l'OMS, jusqu'à 10 000 personnes meurent chaque mois au Darfour dans les camps de personnes déplacées.
Ce chiffre ne tient pas compte des morts lors des combats et s'explique essentiellement par le manque de moyens, a souligné le docteur Nabarro. «Nous essayons d'atteindre les camps avec des véhicules tout-terrain qui tombent en panne ou qui s'embourbent alors que nous aurions besoin d'une vingtaine d'hélicoptères», a-t-il affirmé.
Hier, à Rome, le directeur général du Programme alimentaire mondial, James Morris, avait, lui, déploré que le Darfour tende à occulter d'autres situations de famine moins connues. «La réalité est que le Darfour a désormais plus de chances de recevoir une aide alimentaire suffisante que, par exemple, les victimes de la faim au Pérou», avait relevé M. Morris.
L'Union africaine (UA) prévoit de déployer avant la fin de novembre 4500 soldats au Darfour, a par ailleurs annoncé hier le président nigérian, Olusegun Obasanjo.
L'UA, qui a déjà envoyé 300 observateurs militaires sans armes pour superviser le respect d'un cessez-le-feu régulièrement violé, avait initialement prévu de porter sa mission à 3500 hommes.
Selon un communiqué publié par M. Obasanjo, qui préside actuellement l'Union africaine, le premier bataillon envoyé par le Rwanda sera déployé demain. Le deuxième, composé de soldats nigérians, arrivera au Soudan le 30 octobre. Aucune précision n'a été apportée au sujet des trois autres bataillons, qui devraient être opérationnels fin novembre.
Un minisommet consacré au Darfour aura lieu en Libye
Un minisommet sur le Darfour, réunissant le Soudan, l'Égypte, la Libye, le Nigeria et le Tchad, doit avoir lieu demain en Libye, sous l'égide du Nigeria, qui préside l'Union africaine (UA), a déclaré hier une source proche de la présidence égyptienne. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, les présidents égyptien Hosni Moubarak, soudanais Omar al-Béchir et nigérian Olusegun Obasanjo devraient y participer. M. Obasanjo sera présent en sa qualité de président en exercice de l'UA, parrainant les négociations entre Khartoum et les opposants du Darfour.
En outre, les deux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), doivent également être présents lors de cette réunion, dont la tenue a été annoncée le 4 octobre au Caire par le porte-parole de la présidence égyptienne, Magued Abdel Fattah.

