Irak - L'armée américaine repart à l'assaut de Fallouja
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Un attentat suicide à la voiture piégée a fait 10 morts dans le sud de Bagdad

Photo: Agence Reuters
Plus de 1000 soldats américains, ainsi que des forces irakiennes, se sont dirigés vers Fallouja jeudi soir, selon un porte-parole des Marines, Lyle Gilbert, sans préciser s'ils étaient entrés dans la ville. «L'opération a commencé [...] avec des raids aériens et a continué avec un soutien aérien à des Marines, des soldats et des forces irakiennes» au sol, indique un communiqué militaire, précisant que l'armée a eu recours à «des véhicules blindés, de l'artillerie, des hélicoptères et des avions de combat».
Les habitants de la ville, située à 50 kilomètres à l'ouest de Bagdad, ont fait état de bombardements intenses pendant la nuit mais indiqué que le calme était revenu hier matin. Ces bombardements ont fait trois morts et sept blessés alors que les raids de jeudi avaient fait cinq tués et seize blessés, selon des sources hospitalières.
Le but de cette opération est, selon l'armée américaine, de frapper «des éléments terroristes [...] qui voulaient mener lors du mois sacré du ramadan des attaques contre les forces de l'ordre irakiennes et des civils innocents». En anticipation de l'opération, l'armée a lancé pas moins de huit raids contre des repaires présumés de l'islamiste Abou Moussab al-Zarqaoui en moins de 24 heures.
Le premier ministre irakien Iyad Allaoui avait menacé mercredi Fallouja d'une offensive d'envergure si ses habitants ne remettaient pas Zarqaoui et ses hommes, qui ont revendiqué de nombreux attentats sanglants en Irak.
La délégation de Fallouja impliquée dans des tractations avec le gouvernement a annoncé jeudi la suspension des contacts pour protester contre ces propos.
Le groupe de Zarqaoui a revendiqué le double attentat de jeudi, qui a fait à Bagdad cinq morts et une vingtaine de blessés dans la zone verte, un secteur ultraprotégé où se trouvent l'ambassade des États-Unis et le siège du gouvernement irakien.
La capitale a été le théâtre d'un autre attentat hier près de la direction de la police du quartier de Dora, qui a fait un tué et quinze blessés, dont dix policiers, selon l'hôpital Yarmouk. L'armée américaine avance pour sa part un bilan de dix morts.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le colonel Adnane Abdelrahmane, a précisé à l'AFP qu'il s'agissait d'un attentat suicide alors qu'un officier de police a dit, sous le couvert de l'anonymat, qu'«un homme au volant d'une voiture s'est approché d'une patrouille de police et a fait exploser le véhicule».
Cet attentat a coïncidé avec le premier jour du ramadan pour les sunnites. La Marjaïya, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a quant à elle annoncé le début du ramadan aujourd'hui pour les chiites. L'année dernière, les sunnites et les chiites d'Irak avaient aussi entamé le ramadan à un jour de différence.
En dépit de ces violences, les Irakiens ont cependant une raison d'espérer. Dans le quartier de Sadr City, à Bagdad, des centaines de personnes continuaient à rendre les armes au cinquième et dernier jour de la campagne de désarmement.

