Attentats dans deux stations balnéaires égyptiennes - C'est signé al-Qaïda, assure Israël
Mots clés : attentat
Taba -- De hauts responsables israéliens ont estimé hier que les attentats commis la veille dans deux stations balnéaires égyptiennes de la péninsule du Sinaï, sur la mer Rouge, très fréquentées par les touristes israéliens, portaient la signature d'al-Qaïda. Au moins 29 personnes ont été tuées, et plus d'une centaine blessées.
Si les autorités égyptiennes n'excluent aucune piste, soulignant que l'enquête est en cours, à Jérusalem, le chef du renseignement militaire, le général Aharon Zeevi-Farkash, accuse le réseau d'Oussama ben Laden. Selon le ministre égyptien de l'Intérieur, Habib el-Adly, qui a assuré que son pays ne permettrait pas le retour du terrorisme sur son territoire après avoir passé des dizaines d'années à neutraliser les islamistes, trois voitures piégées ont explosé: l'une à Taba et les deux autres à Ras Shitan.
D'après le gouverneur du Sud-Sinaï, Mustafa Afifi, un vigile égyptien a intercepté l'un des véhicules suspects à Ras Shitan, l'empêchant d'exploser près des campements. Des experts examinaient les automobiles. Le Hilton de Taba a été le plus touché, la voiture bourrée d'explosifs s'étant écrasée dans le hall avant de sauter. La carcasse calcinée s'y trouvait toujours hier. Les secours égyptiens et israéliens continuaient de fouiller les gravats du luxueux hôtel, dont tout un pan de dix étages a été éventré. «Tout était rempli de fumée», raconte Meir Frajun, qui a brièvement perdu un de ses trois enfants.
«Nous l'avons recherché hystériquement et à la fin nous l'avons trouvé; assis avec un client arabe de l'hôtel.» Des draps noués pendant des balcons de l'hôtel témoignaient de l'énergie désespérée avec laquelle les clients ont tenté de s'échapper.
Quatre personnes étaient censées se trouver encore sous les décombres, mais un militaire israélien, Gefan Naty, après avoir tout juste extrait des gravats le cadavre d'un enfant d'une dizaine d'années, doutait qu'il y ait des survivants. Il a accusé les autorités égyptiennes d'avoir retardé l'arrivée des équipes israéliennes, ce que Le Caire a démenti.
Le bilan des explosions restait provisoire hier soir: 29 morts selon les autorités israéliennes, qui conduisent les opérations de secours; 24 selon les autorités égyptiennes et un responsable de l'hôpital de Taba ayant requis l'anonymat, selon lequel cinq Israéliens et sept Égyptiens ont été tués, les autres victimes étant étrangères. L'attentat contre l'hôtel de Taba est de loin le plus meurtrier.
L'hôtel était occupé à 95 % jeudi soir, ce qui veut dire de 800 à 900 clients, selon un responsable, plus environ 500 employés de l'établissement et de la station balnéaire. Les touristes sont particulièrement nombreux en ces vacances égyptiennes et israéliennes, ce qui a fait dire au ministre égyptien du Tourisme, Ahmed El Maghraby, que les attentats étaient «politiques». D'autres responsables y voyaient un lien avec l'opération militaire israélienne contre les militants palestiniens dans la bande de Gaza voisine, où plus de 80 Palestiniens ont été tués depuis le 29 septembre. Mais le vice-ministre israélien de la Défense, Zeev Boim, a déclaré à la radio de l'armée que les Palestiniens n'étaient probablement pas impliqués.
Trois groupes jusque-là inconnus ont revendiqué les attentats, sans fournir de détails permettant de vérifier leurs allégations.
Le dernier attentat majeur des islamistes en Égypte remonte à 1997, avec le massacre de 58 touristes étrangers à Louxor. Hier, des milliers d'Israéliens terrorisés se pressaient à la frontière pour rejoindre Eilat, juste de l'autre côté, beaucoup se plaignant de ce que les autorités égyptiennes les avaient empêchés de quitter leur hôtel après les explosions.

