L'ONU veut plus de soldats au Darfour
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Nations unies -- Le Conseil de sécurité des Nations unies a insisté hier sur la nécessité d'envoyer plus de troupes de l'Union africaine (UA) au Darfour afin de mettre fin aux violences dans cette région de l'ouest du Soudan.
Le représentant américain à l'ONU, John Danforth, a estimé qu'il était important d'envoyer le plus grand nombre possible de soldats de l'UA dans la région.
Auparavant, l'émissaire spécial de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, avait déclaré aux membres du Conseil que le gouvernement soudanais n'avait pas amélioré la sécurité des civils au Darfour ni engagé de poursuites contre les responsables des violences, comme le Conseil l'avait exigé.
Il a expliqué que le cessez-le-feu entre les rebelles et les forces gouvernementales était constamment violé, mais que les milices arabes djandjaouides, alliées du gouvernement, étaient responsables de la majorité des décès parmi la population civile depuis le début du mois de septembre.
Le Darfour est en proie à la violence depuis que deux organisations rebelles ont pris les armes contre le pouvoir central soudanais, en février 2003, estimant que Khartoum négligeait et marginalisait cette vaste région.
Khartoum se félicite du projet libyen de sommet
Depuis le déclenchement de l'insurrection, plus de 1,5 million de personnes ont été chassées de chez elles et les Nations unies estiment à environ 50 000 le nombre de morts par suite de la violence, de la faim ou de maladies.
Elfatih Erwa, le représentant soudanais aux Nations unies, a déclaré à la presse que son pays avait accepté la présence de quelque 3500 soldats, policiers et observateurs de l'UA, dont la présence doit permettre d'éviter de nouveaux actes de violence.
Accusation
À Khartoum, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Moustafa Osman Ismaïl, a de son côté accusé les rebelles de tenter de pousser la communauté internationale à exercer encore plus de pression sur le gouvernement.
«Ils veulent faire passer à la communauté internationale un message selon lequel la situation se détériore et selon lequel la communauté internationale devrait accentuer ses pressions sur le gouvernement soudanais», a-t-il dit.
Ismaïl s'est par ailleurs félicité du projet libyen d'accueillir, à la mi-octobre, un sommet réunissant dirigeants africains, responsables soudanais et rebelles du Darfour afin de lancer des discussions devant permettre de trouver une solution au conflit.
De nouvelles négociations de paix sont ensuite prévues le 21 octobre au Nigeria, après l'échec fin septembre d'une initiative similaire dans la capitale nigériane, Abuja.
Les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (ALS) ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils participeraient à ces pourparlers avec le gouvernement, même si l'autre groupe rebelle du Darfour -- le Mouvement pour la justice et l'égalité -- ne s'y rend pas.

