Gaza: veto américain à une résolution arabe

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AFP
Édition du mercredi 06 octobre 2004

Mots clés : gaza

Jabaliya -- Sept Palestiniens, dont un chef militaire du Djihad islamique et une écolière, ont été tués hier par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, où Israël envisage d'intensifier son offensive, entrée dans sa deuxième semaine.

Les États-Unis ont opposé leur veto hier, au Conseil de sécurité des Nations unies, à un projet de résolution présenté la veille par le groupe arabe qui exigeait la fin de l'offensive israélienne.

«Nous condamnons le veto américain qui, nous le craignons, risque d'être interprété par Israël comme un feu vert pour intensifier son agression» a déclaré Saëb Erakat, le ministre palestinien chargé des négociations avec Israël.

Deux civils palestiniens ont été tués et deux autres grièvement blessés dans un raid aérien israélien à Jabaliya, au nord de la bande de Gaza, hier soir, selon des sources palestiniennes. Le chef de la branche militaire du Djihad islamique pour la bande de Gaza, Bachir al-Dibch, et un militant de ce groupe radical ont été tués plus tôt dans un raid d'hélicoptère, pendant qu'ils circulaient en voiture à Gaza.

À Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, une fillette, Iman al-Hams, 13 ans, a été atteinte de «vingt balles dans diverses parties du corps», a déclaré Ali Moussa, directeur de l'hôpital de Rafah, où elle a été transférée. Un témoin, Omar Khalifa, a affirmé que la fillette marchait vers l'école lorsque les soldats ont ouvert le feu à partir d'une tour d'observation située le long de la frontière avec l'Égypte. L'armée a affirmé que des soldats avaient tiré sur elle après qu'elle eut pénétré dans une zone interdite et y eut posé «ce qui a semblé être un engin explosif», avant de tenter de prendre la fuite.

Quatre-vingt-deux Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le lancement, le 28 septembre au soir, de l'offensive israélienne, destinée officiellement à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes sur le sud de l'État juif.

L'armée israélienne a indiqué hier soir avoir arrêté, depuis septembre 2000, treize employés des Nations unies qui ont été accusés d'implication dans «des activités terroristes».

Cette affaire survient au plus fort d'une grave polémique entre Israël et les Nations unies, l'État hébreu ayant accusé des militants palestiniens d'avoir utilisé une ambulance de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA) pour transporter un lanceur de roquette.

L'armée israélienne a diffusé un film pris par un drone israélien vendredi soir dernier dans le secteur de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, sur lequel on voit, selon Israël, des militants palestiniens embarquer avec un lance-roquettes à bord d'un véhicule sur le toit duquel figure le sigle des Nations unies (UN). Le directeur de l'UNRWA, Peter Hansen, a catégoriquement rejeté ces accusations dimanche et a soutenu que l'homme qui embarquait dans une ambulance de l'UNRWA était en fait un brancardier tenant un brancard. Il a exigé hier qu'Israël se rétracte et présente des excuses pour ce qui, à ses yeux, constitue des accusations totalement infondées.

Israël a adressé au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, une protestation écrite sur l'affaire et a exigé l'ouverture d'une enquête.

Hier soir, Israël a mis toutefois un bémol à ses accusations. «Il y a effectivement un doute au sein des experts sur ce que l'on voit sur ces images. Les divergences à ce sujet subsistent encore. Certains estiment qu'il s'agit d'une arme, d'autres pensent qu'il s'agit d'un objet ordinaire», a déclaré le général Israël Ziv, chef du bureau des opérations à l'état-major, au cours de sa conférence de presse.


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