Bush et Kerry gagnent un point chacun
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Le président recueille 51 % des intentions de vote, contre 47 % pour le candidat démocrate
Washington -- Le sénateur démocrate John Kerry a pris un léger avantage sur le président George Bush à l'occasion du débat de jeudi à Miami, même si la confrontation n'a pas foncièrement modifié l'opinion des électeurs, rapportent plusieurs sondages publiés par des médias américains.Selon un sondage réalisé pour ABC News sur un échantillon d'électeurs, 45 % d'entre eux pensent que Kerry l'a emporté, 36 % trouvent que Bush a fait la meilleure prestation et 17 % estiment qu'il n'y a eu aucun vainqueur. Chaque candidat a pris un point dans les intentions de vote, Bush recueillant 51 %, Kerry 47 %. La marge d'erreur du sondage est de 4,5 %.
Un sondage réalisé pour CBS News parmi les électeurs non partisans montre que 43 % d'entre eux pensent que Kerry a été le meilleur, contre 28 % pour Bush. Les deux candidats ont accentué leur soutien parmi cet échantillon d'indécis, Kerry récoltant 38 % de leurs intentions de vote (contre 28 % avant le débat), Bush 31 % (contre 19 %). La marge d'erreur de ce sondage est de 7 %.
Bush s'est rendu hier en Pennsylvanie puis au New Hampshire alors que Kerry est resté en Floride, un État qui, comme en 2000, jouera un rôle prépondérant lors du prochain scrutin.
Depuis Allentown, en Pennsylvanie, Bush a renouvelé ses attaques à l'encontre de Kerry, estimant que le candidat démocrate avait une nouvelle fois fait étalage de ses contradictions sur le dossier irakien.
Les qualités d'orateur de Kerry impressionnent
Le président était accompagné du sénateur républicain de l'Arizona, John McCain, qui a rendu hommage à la prestation de Kerry, estimant qu'il avait rompu avec son image lymphatique et livré sa «plus éclatante» performance des six dernières semaines.
Mais McCain a aussi estimé que le sénateur avait livré une vision illusoire à propos des relations bilatérales avec la Corée du Nord et d'un possible sommet international sur l'Irak.
«On ne fait pas la paix avec des sommets [...]. Personne ne croit que la France ou l'Allemagne viendront [nous] aider», a-t-il dit.
Bush a ajouté: «Je suis allé à de nombreux sommets. Je n'ai jamais vu une réunion permettre de renverser un tyran ou de traduire des terroristes devant la justice.»
«Hier soir, le sénateur Kerry n'a fait que répéter des contradictions qui portent à confusion», a lancé George Bush, reprenant son axe d'attaque favori contre son rival démocrate.
Il a notamment accusé M. Kerry de vouloir soumettre «la sécurité de l'Amérique à un test international». «Le recours aux troupes pour défendre l'Amérique ne doit jamais être soumis au veto de pays comme la France», a-t-il déclaré sous les huées de la foule à l'évocation de ce pays qui s'était opposé à la guerre en Irak.
L'équipe de campagne de Bush a reconnu hier les qualités d'orateur et la prestation claire de Kerry tout en rendant hommage au franc-parler de son candidat.
«Nous nous attendions à ce que Kerry s'exprime bien», a déclaré le responsable de campagne, Ken Mehlman, avant d'ajouter que Kerry avait encore perdu en crédibilité et que le «fossé» qui le séparait de Bush s'était transformé «en canyon».
Il a également mis en cause la pertinence des sondages instantanés, rappelant qu'en 2000, ceux-ci avaient donné Al Gore gagnant à l'issue du premier débat, ce qui n'avait pas empêché Bush, au final, de l'emporter.
Le colistier de Kerry, John Edwards, a salué la performance du sénateur du Massachusetts.
«Je pense que John a clairement révélé la vérité à propos de l'Irak en disant que nos femmes et nos hommes en uniforme sont extraordinaires mais que c'est le désordre, et il a expliqué pourquoi c'était le désordre», a-t-il dit à ABC.
Les deux candidats se retrouveront pour deux autres débats les 8 et 13 octobre, à Washington et Tempe.
Le débat des «vice-présidents» opposant Edwards à Dick Cheney aura lieu mardi soir à la Case Western Reserve University de Cleveland, dans l'Ohio.
Dominé dans les sondages depuis plusieurs semaines, M. Kerry a paru soulagé d'avoir réussi à passer le test du premier débat, dont il est sorti «vainqueur», selon la presse et les experts quasi unanimes, pour lesquels M. Bush a été placé sur la défensive.
«Hier soir, M. Bush a semblé moins convaincant pour défendre ses positions face aux critiques sèches de M. Kerry, particulièrement son insistance pour dire que l'invasion de l'Irak avait détourné l'attention du véritable enjeu de la guerre contre le terrorisme», a noté le Washington Post.
«John Kerry a été meilleur "debater" que George W. Bush, mais il n'est pas évident que sa prestation ait un impact important sur les électeurs indécis. La question reste entière», a tempéré Jeff Greenwald, l'expert politique de CNN. Il a rappelé qu'Al Gore, le candidat démocrate vaincu en 2000 par George W. Bush, avait aussi été donné gagnant, il y a quatre ans, du premier débat télévisé.
Les experts s'accordaient pour souligner que ni M. Bush ni M. Kerry n'étaient parvenus à asséner de coup définitif à l'adversaire durant le face-à-face.
L'équipe de campagne du sénateur démocrate a d'ailleurs indiqué ne pas s'attendre à une brusque remontée dans les sondages. «Gagner le débat ne signifie pas gagner l'élection. Il y a trois débats», a ainsi souligné Joe Lockhart, l'un des principaux stratèges de M. Kerry.

