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Tenons-nous debout
Il serait trop long de détailler ici toutes les fluctuations et les contradictions de la coopération canado-américaine et toute l'histoire des programmes politico-militaires concernant les intercepteurs américains. Une étude approuvée par les chefs d'état-major canadiens et présentée au ministre de la Défense en 1962 soutenait déjà que la défense contre les ICBM était presque impossible. Les généraux américains ne disent pas autre chose aujourd'hui.
Notre asservissement aux pressions américaines nous a valu d'abandonner la construction d'un magnifique avion d'avant-garde, l'Arrow, qui aurait concurrencé les avions américains. Avec pour résultat que nous avons dû acheter des avions aux États-Unis, à grands frais, et en perdant des emplois et des techniciens de grande valeur.
Les erreurs commises devraient inspirer nos dirigeants et les faire réfléchir. L'espace aérien du Canada n'est menacé par personne et ne le sera pas de si tôt. Et si jamais un État voulait lancer des missiles balistiques contre les États-Unis, dans les 20 ou 30 années à venir, ce pays lanceur aurait aussi trouvé les moyens de contourner les systèmes de défense antimissile. Il en va toujours ainsi dans la course aux armements. Et en nous associant à la militarisation américaine, nous deviendrons une cible, pour d'éventuelles attaques terroristes. Nous n'en avons pas besoin. Vivons en paix.
Les contradictions des propos de Bill Graham trahissent bien une valse hésitation à ce sujet, parce qu'il n'y a aucune base scientifique justifiant la participation canadienne à ce projet et que l'indépendance politique du Canada doit lui faire affirmer sa position face aux États-unis, comme certains Premiers ministres l'ont fait dans le passé, pour des questions bilatérales.
Que le gouvernement du Canada dise à l'administration américaine qu'il va s'occuper de la lutte antimissile en évitant que des pays aient la tentation d'en envoyer, c'est-à-dire par une intense activité relationnelle, commerciale, sociale et diplomatique avec d'éventuels États(mais où sont-ils) qui seraient tenté de le faire. Lorsque des pays ont besoin les uns des autres, ils ne se combattent pas. En ce sens, la mondialisation des relations, des communications, des échanges commerciaux peut faire oeuvre utile, beaucoup plus que le rejet ou les condamnations du genre «axe du mal» ou «états voyous».
Allons, Canada, tiens-toi debout!
