Louise Beaudoin, commandeur de l'Ordre de la Légion d'honneur
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Photo: Le Devoir
Le grade de commandeur est le plus élevé de l'Ordre national de la Légion d'honneur, devant ceux de chevalier et d'officier. On pense qu'une quinzaine de Québécois, guère plus, ont eu droit à cette distinction par le passé. C'est le cas notamment de l'intellectuel indépendantiste Jean-Marc Léger, décoré par le président François Mitterrand lui-même, de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et du maire de Montréal Jean Drapeau. Aucune femme n'avait toutefois fait son entrée à ce jour dans ce club très sélect.
Environ 75 invités, dont quelques figures emblématiques des relations franco-québécoises des 30 dernières années, ont assisté à l'événement. Parmi eux se trouvaient des adversaires politiques: l'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard, l'allié de toujours des souverainistes, Philippe Séguin, ex-président de l'Assemblée nationale aujourd'hui président de la Cour des comptes, Pierre-André Wiltzer, l'ami de 30 ans, et Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères de Mitterrand, qui a souvent ouvert les portes de l'Élysée à Louise Beaudoin.
La ministre fédérale du Patrimoine, Liza Frulla, de passage à Paris, était là elle aussi, témoignant, selon la formule utilisée par Mme Beaudoin, du «triomphe de l'amitié sur les désaccords politiques».
Jean-Louis Debré n'a pas manqué de souligner «l'éclectisme de cette assemblée». Il y a vu la marque de l'«ouverture d'esprit» de Louise Beaudoin, qui a su se jouer, selon lui, des «clivages politiques» pour mieux défendre la cause du Québec. «Vos relations avec la France sont uniques dans la classe politique canadienne», a dit le quatrième personnage de l'État à l'ex-ministre des Relations internationales du Québec.
À l'Hôtel de Lassay, Louise Beaudoin a rendu hommage à la France, «qui a ouvert la porte au Québec sur la scène internationale à chacune des étapes de son affirmation», et à ses amis français «pour leur fidélité à une certaine idée du Québec».
Quelques minutes plus tôt, M. Debré avait invité ses compatriotes à prendre exemple sur elle, particulièrement dans la défense de la langue française et de la diversité culturelle.
«Nous devons être, à l'image de Louise, volontaires, combatifs et je dirais même un peu têtus», a dit le président de l'Assemblée nationale avant de lancer à l'intention de la récipiendaire: «Surtout, ne changez pas!»

