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Les flatus vocis habituels *

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Étienne LaHire (lahire@q-bec.com)
Envoyé Le jeudi 07 octobre 2004 16:00




Plusieurs des textes présentés ici m'apparaissent d'une faiblesse intellectuelle plutôt impressionnante. Passons outre à Mme Legault et M. Kodsi, sur le verbe desquels il est bien inutile de s'étendre (cela dit sans offenser personne), pour nous arrêter un tout petit instant au commentaire de M. Gabriel Racle.

(M. St-Gilles ayant rétorqué à M. Labrecque, je passerai outre également à ce monsieur).

Coup de plume classique ! Si on répète inlassablement des faussetés ou des erreurs (sinon des bêtises, voire des énormités), à force de marteler le clou, en effet, il y a bien quelques brebis qui finiront par se laisser convaincre. C'est ainsi qu'un «fou à lier» non soigné finit quelquefois par rendre tout le monde «marteau» autour de lui... On ne reçoit pas des coups sur la tête des années durant (de marteau, il va sans dire) sans en subir tôt ou tard quelques séquelles.

Ainsi - non mais, ne l'a-t-on pas lu douze mille fois cette antienne-là, depuis quarante ans...? - selon M. Racle (et bien que ça ressemblât fort, mot pour mot, à du Farid...), il faut en finir avec cette vision «dépassée» et «nombriliste» de la séparation et, qui plus est, «favorisée par un groupe de personnes».

«Un groupe», dit-il...??? Au dernier référendum il s'agissait d'une personne sur deux, si j'ai bonne mémoire - plus de 6 Québécois sur 10 d'expression française, comme par surcroît: «just the absolute Majority of the»... majorité absolue. Un petit «groupe de personnes», quoi...

«Or, la tendance est à l'union et non à la désunion», d'ajouter notre bon monsieur. Et tout le reste de son mot à l'avenant. «La tendance», dit-il... (mot vulgaire s'il en est, mais ne nous éternisons pas ici sur les mots passe-partout qui ne détiennent la clé de rien du tout).

Or le fait (élémentaire pourtant) est que pour s'unir à quelqu'un, Monsieur R feint de l'oublier, il faut être soi-même «quelqu'un». Sinon, nous ne sommes qu'une chose, un bien, un objet, bref une propriété... à la merci de l'«autre»; qui alors utilise celle-ci, la manipule ou l'introjecte («Anschluss», aurait dit l'oncle Adolf) selon son bon vouloir.

D'ailleurs les indépendantistes, contrairement à vous M. Racle, ne s'y trompent pas. Personne dans cette confrérie ne parle, ne désire ni ne projette de «se mettre à l'écart», comme vous l'écrivez. Bien au contraire, l'actuel chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec a fait savoir à maintes reprises qu'il signerait sur-le-champ une «union» Québec-Canada de type européen, que vous vantez tant. Monsieur Parizeau a tenu de son côté des propos analogues.

Le Québec avec le Canada ? Ja / Si / Oui / Sim !
Le Québec dans le Canada ? Nein / Non / Non / Não !

Le pays du Québec ne vivra pas en autarcie et hors du monde. Assurément. Mais en tant qu'État indépendant, il cessera de se voir assujetti à une volonté-autre (eu égard à son statut minoritaire) à laquelle il est tenu de se soumettre parce que inséré dans un rapport hiérarchique d'inféodation et d'infériorisation (ce qui au reste, et d'emblée, contredit la philosophie même de la fédération, que le Canada a toujours niée depuis les tout premiers instants de sa propre naissance: http://pages.infinit.net/histoire/gouin14.html).

Pacte renié sitôt signé. Voilà, cimenté au surplus par la Constitution de 1982, elle-même adoptée contre la volonté du Québec, le «real Canada» depuis 1867.

M. Racle, vous ne désirez pas un Québec nombriliste et déconnecté du monde? Les Filles de la Liberté non plus. M. Racle, vous privilégiez l'union plutôt que la désunion? Les Fils de la Liberté également.

À moins, bien sûr, que «nombriliste» signifiât s'occuper soi-même et en adulte de ses propres affaires. À moins, de même, qu'«union» signifiât soumission. Auquel cas, il faudrait effectivement aller contre la «tendance» de vous chérie. Car il faut bien le dire, sous votre plume, M. Racle, les mots semblent parfois affirmer une chose et son contraire.

Bref, et en conséquence, si de tels propos ne constituent pas l'expression d'une faiblesse intellectuelle, il ne reste plus qu'une possibilité: la mauvaise foi. Et ce en vue de procéder, le cas échéant (comme incidemment le font «tous les jours et partout» les déjà ci-haut nommés en premier alinéa), à une forme de propagande.

Attitude qui révèle un respect de la personne fort mince et une crainte profonde, et manifestement infantile, de la liberté.


* Indices pour qui n'a aucune notion du latin : «flatus» a donné notamment flatulence, et «vocis» (génitif de «vox») nous apporta: voix. Point utile d'en dire plus, je crois. D'autre part, sur ce sujet de la supposée «désuétude» de l'idée d'Indépendance (si la Liberté est désuète, alors empressons-nous de faire la promotion de la servitude sinon de l'esclavage), et on le constatera à la lecture de ce billet, je ne puis me montrer en désaccord avec l'intervention de M. Dunois, logée plus haut en http://www.ledevoir.com/dossiers/304/64856.html?304).

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