Les jeunes jugent la souveraineté désuète
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Le projet est dépassé, constatent, assommés, trois jeunes députés péquistes
En dehors des cercles péquistes, l'option souverainiste n'est pas considérée comme une solution aux enjeux sociaux ni comme une réponse aux aspirations des jeunes. «Pire, elle est dépassée, désuète et vétuste», ont constaté trois jeunes députés du Parti québécois.En introduction, les Mousquetaires affirment sans ambages avoir fait face à une vérité crue. «Ce que nous avons entendu bouscule, choque et assomme», écrivent-ils. En effet, les jeunes rencontrés s'interrogent sur la pertinence de l'option souverainiste, que plusieurs réduisent d'ailleurs à un projet péquiste.
Chez les étudiants des centres de formation professionnelle et parmi les jeunes participants à des mesures d'employabilité aux Carrefours jeunesse emploi, la souveraineté n'est pas une réponse concrète aux problèmes de la société. À cet égard, ils considèrent même le débat sur l'avenir du Québec comme «bien accessoire et trivial».
Si les élèves des écoles secondaires et des cégeps se montrent majoritairement souverainistes, ils dissocient la souveraineté de tout projet de société. Face aux politiciens, ces mêmes jeunes se sont montrés très cyniques, soulevant les problèmes d'éthique.
Des rencontres ont également été organisées sous forme d'invitation générale dans les différentes régions. Les jeunes rencontrés sont pragmatiques et veulent connaître les effets concrets d'un vote pour le OUI. L'idée voulant que le PQ se dote d'un budget de l'an 1 comme le propose le député François Legault, qui convoite la fonction de chef du parti, a souvent été évoquée.
L'implication sociale de ce groupe de jeunes est claire, mais «le militantisme au sein de notre parti n'[en] est pas la suite logique», rendent compte les Mousquetaires. «Il y a quelque chose qui repousse les jeunes à adhérer et à participer aux instances des grands partis et des grandes structures», notamment cette impression que leurs idées ne sont pas prises en compte, notent MM. Bourdeau, Tremblay et Valois.
Des représentants socioéconomiques ont également participé à la tournée des Mousquetaires. Dans les faits, peu de jeunes étaient présents. Les dirigeants des divers organismes sont apparus très politisés, bien qu'ils considèrent l'implication politique comme une joute de pouvoir stérile. D'ailleurs, leur discours est bien ancré dans la réalité, loin des grands enjeux philosophiques et des idéologies. Chez eux, la souveraineté suscite du scepticisme.
Les Mousquetaires portent sur eux un regard tranchant. «Plus cyniques en regard des partis politiques, ces personnes alimentent un misérabilisme omniprésent. La déprime sur leur avenir, sur leur mission, sur leur financement, éclabousse aussi une réflexion sur leur ville, leur région et leur société», disent-ils.
De façon générale, les jeunes, lors de ces rencontres, ont surtout montré beaucoup d'intérêt pour les questions de développement durable, d'environnement, de mondialisation et de démographie. Le contraste avec les militants du Parti québécois est flagrant. Ces sujets ne sont pas très populaires, précisent les députés. «On préfère parler de la langue, de la souveraineté, de l'histoire du Québec et de nous-mêmes, le PQ. Tous les enjeux aboutissent avec la souveraineté comme solution et tous les problèmes actuels sont redevables au système fédéral actuel», ajoutent-ils.
Les préoccupations des péquistes se résument à l'élection référendaire et aux médias. Le premier sujet est très populaire comparativement au deuxième. Selon les militants rencontrés, les médias sont la cause de la défaite référendaire et électorale; ils «sont vus comme un adversaire pire que les libéraux eux-mêmes».
Parmi ces mêmes militants, certains portent un regard très dur sur les députés péquistes qui ne sont que «des carriéristes». «D'ailleurs, le nom de Lucien Bouchard constitue presque un tabou dans les assemblées militantes», écrivent les trois jeunes députés.
Ils expliquent que même si la tournée visait un public jeune, ce sont très majoritairement des militants de longue date qui ont répondu à l'appel. «On pouvait même compter sur nos doigts le nombre de jeunes présents à nos soirées militantes», affirment-ils. Et ces vieux militants commençaient souvent leurs interventions par «Dans notre temps», soulignent les Mousquetaires. Chez ces militants, «on préfère croire que la jeunesse est tournée sur elle-même plutôt que de considérer que les problèmes existent peut-être dans nos structures et dans notre parti», peut-on lire dans le document.
Dans leurs conclusions, les Mousquetaires retiennent notamment de leur tournée que le progrès social passe de moins en moins par la lutte syndicale et que la diversité culturelle est une vision qui n'oppose pas les francophones et les anglophones. Ils constatent également que l'option souverainiste ne doit plus s'appuyer sur le ressentiment, d'autant plus qu'elle est une solution incomplète.
Si des changements ne sont pas opérés, «la souveraineté sera alors une vieille idée, et le mouvement souverainiste, un vieux mouvement», ajoutent les auteurs de ce rapport de 12 pages. Ils notent également que le programme du parti devrait présenter des valeurs plutôt qu'une «liste d'épicerie» de mesures particulières.
«Nous ne pouvons plus nous permettre des débats strictement idéologiques seulement entre nous sur une méthode et une mécanique référendaire abstraite. [...] Nous ne pouvons plus dire que la souveraineté est une réponse aux injustices commises hier et l'aboutissement historique d'une démarche entreprise jadis», concluent-ils.
Vos réactions
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Le jeudi 07 octobre 2004 16:00
Il fallait s'y attendre... - par Marie-France Legault (mfy.legault@videotron.ca)
Le lundi 27 septembre 2004 08:00
Les jeunes sont trop individualistes - par Jeannot Vachon
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Le vendredi 24 septembre 2004 08:00
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Le jeudi 23 septembre 2004 16:00
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Le jeudi 23 septembre 2004 09:00
Sans surprise - par Gabriel RACLE
Le jeudi 23 septembre 2004 07:00

