Saveurs d'automne

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Normand Thériault
Édition du mercredi 22 septembre 2004

Mots clés : agroalimentaire

Joël Robert de Bedford au paradis des fruits à Dunham.

Photo: Patrick Sanfaçon

Fin juin, les fraises. Juillet, les framboises. Août, les bleuets. Et il ne reste plus que les pommes. C'est à l'automne que l'année des fruits destinés aux desserts est complétée. Et la liste est encore trop courte si l'on tient compte des fruits exotiques que maraîchers et producteurs agricoles du Québec mettent aujourd'hui sur le marché. Il est difficile d'empêcher les papilles de saliver!

Ce fut longtemps un pèlerinage montréalais. L'automne venu, après un saut dans la voiture, il fallait prendre la route qui mène d'abord vers Saint-Eustache, s'arrêter plus loin à l'un des nombreux vergers qui bordaient (et bordent toujours) la route sise le long de l'Outaouais, faire cueillette soi-même, toute la marmaille étant alors mise à contribution, et ajouter, en fin d'après-midi, une halte à la fromagerie des Pères trappistes pour mettre la main sur un des célèbres Oka: le «tour d'auto» était complété et la journée pouvait être inscrite dans la mémoire familiale.

Cela vaut encore aujourd'hui quand d'autres répètent le même trajet, que certains optent pour Saint-Hilaire (ajoutant alors une marche en montagne au périple) ou Rougemont, ou encore que les plus audacieux poussent même une pointe jusqu'au lac Memphrémagog (trop froid pour la baignade?).

La région de Québec n'est pas non plus à plaindre avec ses circuits sur l'île d'Orléans, d'autant plus que la région de Charlevoix n'est pas en reste, proposant son Festival des saveurs, où les chefs assoient à leur table amateurs locaux et visiteurs pour découvrir leur fine cuisine, un devoir que de plus en plus de gens acceptent avec plaisir.

La cuisine des primeurs

Un nouveau concept alimentaire prend forme dans la culture québécoise. En raison du fait que les producteurs sont de plus en plus accessibles, que ce soit directement sur leurs terres, dans les marchés publics (que ces derniers soient petits ou grands) ou même dans les épiceries, les cuisines familiales n'opèrent plus nécessairement en mode automatique. On profite davantage des primeurs: mieux vaut manger ses courges quand elles sont fraîches, déguster les salades quand elles s'obtiennent à vil prix, que de s'en tenir à un menu rigoureux qui répète, saison après saison, les mêmes plats, et ce ad nauseam.

L'automne se met lentement en place. Les érables rougeoient quand les autres espèces passent au jaune. Il y a de la fête dans l'air. Et pourquoi bouder son plaisir quand on sait que, pour la seule pomme, on retrouve sur le territoire québécois 679 producteurs qui font tout pour mettre leurs fruits en bouche?

Et dire que la gastronomie ne se limite pas aux seuls produits frais. Ainsi, dans le secteur des fromages s'opère une «révolution du goût» où le fromage au lait cru joue un grand rôle. Le Québec non seulement s'affirme comme un grand producteur de fromages industriels, mais les grandes coopératives, auxquelles se joignent tant la grande industrie que les artisans du secteur, ajoutent année après année des produits goûteux et «signent» des réalisations remarquables.

S'il y a au Québec une carte touristique où figurent les divers vergers, il en reste une autre à dessiner avec les chèvres de Gaspésie, les pavés des Îles-de-la-Madeleine et les nombreuses réussites de Warwick et des environs.

Que choisir? Un petit cidre avec ça? Ou une liqueur à base de bleuets ou de sève d'érable, pour couronner le tout?


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com