La nomination de Goss à la tête de la CIA est confirmée
Mots clés : nomination, cia
Washington -- La nomination du républicain Porter Goss à la tête de la CIA a été confirmée hier par une commission du Sénat mais sans réunir de consensus politique alors que le secteur du renseignement américain s'engage dans une réforme de grande ampleur.
Il a manqué à cet élu républicain de Floride, ancien président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants âgé de 65 ans, les voix des démocrates les plus respectés de la commission, notamment de son vice-président, John Rockefeller.
«J'ai voté contre cette nomination parce que Porter Goss a plusieurs fois utilisé les sujets du renseignement à des fins partisanes quand il était président de la commission du renseignement de la Chambre», a fait valoir M. Rockefeller.
Les débats de la commission sur cette nomination avaient été très heurtés, les élus démocrates s'appuyant sur dix ans de déclarations politiques pour mettre en doute l'indépendance de M. Goss.
«Je m'engage à une approche non partisane du poste de directeur central du renseignement», avait dû répondre à plusieurs reprises M. Goss, qui a passé plus d'une décennie dans le renseignement militaire ainsi qu'à la CIA pendant la guerre froide avant d'entrer en politique.
Collecte humaine d'information
Alors que la CIA est sur la sellette depuis les attentats du 11 septembre 2001 et la guerre en Irak, M. Goss a expliqué qu'il entendait s'atteler immédiatement à améliorer son organisation, notamment avec l'amélioration des capacités de collecte humaine de l'information et un examen des problèmes dans les analyses fournies par l'agence.
«Je comprends que ce que fournit [le renseignement] est destiné à l'administration qui dirige le pays, quel que soit le choix des électeurs à ce propos», a-t-il également indiqué lundi pour affirmer sa disposition à travailler avec une éventuelle administration du démocrate John Kerry.
La nomination de M. Goss, qui ne dépend désormais plus que d'un vote du Sénat en séance plénière aux allures de formalité, prévu cette semaine, survient en effet à six semaines de la présidentielle américaine. Surtout, M. Goss prend ses fonctions alors qu'un gros chantier de réforme de tout le renseignement a été engagé.
À la suite des recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre, presque toute la nébuleuse des organisations traitant du renseignement américain devrait être placée sous la responsabilité d'un directeur national du renseignement (NID), super-patron de l'antiterrorisme chapeautant notamment la CIA et son directeur.

