Kerry y va d'attaques personnelles contre Bush et Cheney
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Publication ces derniers jours de sondages contradictoires

Photo: Agence Reuters
Dépeint depuis des semaines par les républicains de M. Bush comme une «girouette» peu qualifiée pour mener «la guerre contre le terrorisme», John Kerry a considérablement durci ses attaques cette semaine. Sa nouvelle stratégie est de convaincre les électeurs que le président «ne dit pas la vérité» et défend des intérêts particuliers.
Il a ainsi pris pour cible hier le vice-président Dick Cheney, une personnalité très influente mais moins populaire que George W. Bush.
Dans un discours prononcé à Albuquerque (Nouveau-Mexi-que), le candidat démocrate a dénoncé «les abus» du groupe de services Halliburton, dirigé par M. Cheney jusqu'en 2000, dans la gestion des «immenses» contrats qu'il a obtenus, «sans appel d'offre», pour la reconstruction ou le soutien aux troupes américaines en Irak.
«Nous avons besoin d'un commandant en chef et d'un vice-président qui placent les intérêts de nos soldats et des contribuables avant ceux de leurs amis de la grande finance», a déclaré John Kerry à plusieurs centaines de partisans.
Pour enfoncer le clou, une publicité télévisée va être diffusée dans plusieurs États indécis. On y voit Dick Cheney affirmer «n'avoir plus de liens d'aucune sorte avec Halliburton». Puis une voix hors champ déclare: «Comme vice-président, Dick Cheney a reçu deux millions de dollars d'Halliburton. Halliburton a remporté des millions de contrats sans appel d'offre en Irak [...]. Qu'avons-nous obtenu? Une facture de 200 milliards de dollars pour l'Irak.»
Les républicains ont riposté en affirmant que cette publicité était «malhonnête».
Depuis le début de la campagne, Dick Cheney se montre le plus vindicatif à l'endroit du camp démocrate.
Jeudi, répondant à la charge de Kerry au sujet de l'Irak, M. Cheney s'était ainsi moqué du candidat démocrate, qui est «pour la guerre lorsque les informations sont bonnes» et «contre lorsque les sondages sont mauvais». Il a également déclenché les applaudissements en énumérant «les huit positions» prises sur l'Irak par le candidat démocrate.
De son côté, le président Bush défend son bilan et détaille son programme pour les quatre prochaines années. Après la santé, jeudi, il devait s'adresser hier aux électrices, qui penchent traditionnellement pour les démocrates. Il se rendra ensuite cette fin de semaine dans les États du sud dévastés par l'ouragan Ivan.
Publiés jeudi et hier, trois sondages ont offert une vision confuse de la course pour le scrutin du 2 novembre. Deux d'entre eux signalent un retour au coude à coude entre les deux principaux candidats. Le dernier, publié hier par le quotidien USA Today, place Bush nettement en tête, avec 55 % des intentions de vote contre 42 % à Kerry.
Cette avance a été minimisée par Joe Lockhart, l'un des stratèges de la campagne Kerry, pour qui «nous assistons à une course qui est très serrée, aussi bien au niveau national que dans les États incertains». Pour lui, l'essentiel sera de sortir gagnant des deux ou trois débats qui opposeront les deux candidats, le premier devant se tenir le 30 septembre.

