Ivan sème la désolation
Mots clés : floride, ouragan, ivan

Photo: Agence Reuters
Avant d'atteindre les côtes américaines, l'ouragan avait tué 70 personnes dans les Caraïbes, notamment en Jamaïque et dans la petite île de Grenade qui, à elle seule, a dénombré 37 morts et 90 % d'habitations endommagées.
Déjà durement éprouvée ces dernières semaines par deux autres ouragans majeurs, Charley et Frances, qui avaient fait une quarantaine de morts, la Floride a une fois encore été la plus sévèrement touchée, cette fois au nord-ouest, dans la région de Pensacola, où au moins 19 personnes ont péri.
Quatre victimes ont été dénombrées en Louisiane, deux dans l'État du Mississippi, trois en Géorgie et une en Alabama, selon les médias locaux.
En regagnant leurs foyers, qu'ils avaient évacués sur l'ordre des autorités, des centaines de milliers d'habitants de la région ont pris la mesure des dévastations causées par Ivan, le troisième ouragan majeur à frapper le Sud-Est américain en un mois.
Des milliers d'habitations ont été détruites et des milliers de membres des forces de sécurité ont été envoyés dans les zones sinistrées pour rechercher d'éventuelles victimes et éviter les pillages.
«J'ai passé toute la nuit en larmes», raconte Charles Fairchild, assis sur le sol à Pensacola, désemparé, à côté de ce que fut son bureau de comptabilité, dont le toit a été arraché. Il tente encore de sauver quelques documents et de retirer des décombres quelques jouets en plastique et des photos totalement détrempées de ses petits-enfants.
Dans les quatre États les plus touchés, la Floride, l'Alabama, la Louisiane et le Mississippi, des milliers d'habitations, d'immeubles et de commerces ont été détruits ou endommagés.
Si certains, à Pensacola ou à Gulf Shores, une cité balnéaire située à une dizaine de kilomètres plus à l'ouest en Alabama, ont retrouvé leurs maisons miraculeusement intactes, d'autres au contraire ont tout perdu, découvrant des amas de ruines inondées là ou s'élevait leur maison.
À Pensacola, les vents soufflant à plus de 200 km/h ont rendu la ville méconnaissable. Même des immeubles ont été en partie détruits, et des ponts se sont affaissés.
Gulf Shores offrait le même spectacle de désolation avec une partie de la ville noyée sous parfois deux mètres d'eau. Plusieurs alligators du zoo de la ville se sont échappés.
Rétrogradée en tempête tropicale, Ivan poursuivait hier sa route vers le nord-est du pays en traversant le Tennessee et la Caroline du Nord, où six personnes ont été tuées dans un accident de la route attribué à la tempête par les autorités.
Les autorités ont toutefois mis en garde les populations concernées contre les risques d'inondations soudaines causées par les pluies toujours importantes produites par cette dépression.
Le gouverneur de la Floride, Jeb Bush, qui craint que le bilan ne s'alourdisse encore, devait visiter Pensacola hier, et son frère, le président George W. Bush, est attendu dans la région demain.
Le montant des dommages assurés provoqués par Ivan pourrait s'élever à une somme comprise entre quatre et dix milliards de dollars. De 30 à 50 % des destructions causées par Ivan sont survenues dans le nord-ouest de la Floride.
Les ouragans Charley et Frances, qui avaient fait une quarantaine de morts, avaient provoqué en Floride des dégâts évalués entre 12 et 20 milliards de dollars.
La Floride pourrait être frappée la semaine prochaine une quatrième fois, cette fois-ci au nord-est par la tempête tropicale Jeanne, qui a déjà tué six personnes dans les Caraïbes.

