Dumont parle d'un soulagement temporaire

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PC
Édition du vendredi 17 septembre 2004

Mots clés : adq

Québec -- Loin d'être historique, l'accord sur la santé conclu entre Ottawa et les provinces ne fera qu'apaiser temporairement la crise qui secoue le système public, a soutenu hier le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont.

«Non, ce n'est pas historique et ce n'est sûrement pas suffisant pour corriger le déséquilibre fiscal», a dit M. Dumont lors d'un entretien téléphonique avec la Presse canadienne.

L'augmentation de 18 milliards de dollars de la contribution financière fédérale sur six ans «n'est certes pas minime», convient le leader de l'ADQ, qui pense néanmoins que les fonds supplémentaires ne feront que soulager, pendant quelques années, une situation de crise profonde de plus en plus intenable.

«Les grands débats restent à faire», estime M. Dumont, qui aurait aimé que les premiers ministres abordent les questions du vieillissement de la population et de la place du secteur privé dans le système de santé.

Du reste, compte tenu de l'état de sous-financement du réseau, l'accord intervenu entre les provinces et le premier ministre du Canada, Paul Martin, n'a rien de bien surprenant, a poursuivi le chef de l'ADQ.

«Ils étaient carrément condamnés à s'entendre. On ne pouvait pas imaginer les premiers ministres sortir de la conférence sans une entente sur la santé. Le premier ministre Jean Charest, comme ses homologues des provinces, de même que M. Martin, ne pouvaient se permettre de repartir les mains vides», a-t-il soutenu.

M. Dumont n'est guère plus impressionné par la «clause Québec», le chapitre de l'entente qui reconnaît au Québec sa pleine compétence en matière de santé et lui évite de se soumettre aux conditions imposées aux autres provinces.

Le premier ministre Charest, a-t-il dit, n'a d'autre mérite que d'avoir fait ce que les Québécois attendaient de lui.

«Les citoyens voulaient qu'il défende les intérêts du Québec et n'accepte aucune condition rattachée au financement. Le contraire aurait provoqué une révolution.»

Même si, de l'avis du chef de l'ADQ, l'entente était prévisible, voire inévitable, il est aussi très clair selon lui que la position de faiblesse du gouvernement fédéral a aidé les provinces à obtenir ce qu'elles voulaient.

«Je trouve qu'il est extrêmement dommage qu'il ait fallu attendre un gouvernement minoritaire pour forcer Ottawa à s'asseoir avec les provinces et discuter de bonne foi», a-t-il déploré.


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