Initiatives québécoises - Il n'y aura pas de nouvelles sommes dans le Fonds d'action québécois pour le développement durable
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Le Fonds d'investissement a reçu la reconnaissance du Programme des Nations unies pour l'environnement
Le développement durable est un concept noble et, de l'avis de plusieurs, très prometteur. Selon les gens qui en font la promotion, il s'agirait de rien de moins que la voie de l'avenir. Mais pour que ce concept s'enracine dans la culture d'une société et dans le quotidien de ses citoyens, il faut non seulement y croire, mais aussi y investir de l'argent.«Le pilier du développement durable pour nous, c'est d'abord et avant tout l'humain, déclare Claire Boulé, récemment nommée à la direction générale du FAQDD. Nous cherchons à intervenir en amont en favorisant chez les personnes des comportements en accord avec le développement durable. Au fond, il s'agit d'apprendre comment mieux développer tout en pensant à demain.»
L'aide financière qu'accorde le FAQDD est destinée aux organismes à but non lucratif et aux organismes qui oeuvrent dans le domaine de l'économie sociale. De plus, pour chaque dollar qu'investit le FAQDD, le milieu doit fournir un dollar. «Les projets trouvent leur financement un peu auprès de l'entreprise privée, mais surtout auprès des municipalités et d'organismes comme Canards illimités.»
Dollars et initiatives
Selon Claire Boulé, le FAQDD a soutenu une foule de projets variés, allant du centre de la petite enfance qui met en place un programme de sensibilisation au développement durable, à un organisme récréotouristique qui fait la valorisation d'un milieu naturel, en passant par des bourses d'étude et des stages en perfectionnement. À ce jour, le FAQDD a soutenu plus de 150 projets pour une somme totale de 28 millions de dollars. Il vient aussi d'investir récemment huit millions de dollars dans la création du Fonds d'investissement en développement durable (FIDD).
Le présent gouvernement a signifié à Mme Boulé qu'il entend préserver les activités du FAQDD mais qu'il n'y investira pas de nouvelles sommes d'argent. Si on fait les comptes, il reste au FAQDD un peu moins de 10 millions à investir. Le FAQDD a donc choisi pour le moment de fermer temporairement sa programmation. «Nous sommes arrivés à l'heure du bilan. Comme il nous reste moins d'argent, on devra sans doute mieux cibler nos initiatives. On devra probablement à l'avenir soutenir les projets les plus porteurs et qui sont susceptibles de connaître une plus grande diffusion.»
C'est donc une période de réflexion qui s'amorce pour les prochains mois au sein du Fonds d'action québécois pour le développement durable.
Pour les affaires
Créé en 2003, le Fonds d'investissement en développement durable (FIDD) est exactement ce que son nom dit: un fonds d'investissement. Il s'adresse à l'entreprise privée, principalement à la PME, et le financement peut prendre la forme d'un prêt ou d'une participation dans le capital-actions de l'entreprise. Le FIDD a été créé grâce à la participation financière de huit millions de la FAQDD et des deux fonds de travailleurs, soit le Fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CNS, qui ont investi chacun cinq millions.
«Tous les secteurs de l'activité économique nous intéressent et nous finançons autant des technologies que des produits, explique Andrée-Lise Méthot, présidente et directrice générale du FIDD. Par exemple, un fabricant de tasses peut être éligible s'il veut mettre au point un procédé plus sain pour fabriquer cette tasse. Au fond, ce qui compte, c'est la manière dont la compagnie fait les choses.»
Le FIDD se veut et est socialement responsable. «On peut se donner bonne conscience en tant qu'entreprise en faisant des choix favorables à l'environnement, mais on doit aussi se poser des questions sur la responsabilité sociale de l'entreprise. C'est l'un de nos critères pour la sélection des projets.» Les entreprises qui sollicitent un financement auprès du FIDD devront démontrer non seulement leur performance en matière d'environnement, mais aussi en ce qui a trait à leur responsabilité sociale et économique.
Comme il s'agit d'un fonds d'investissement, le FIDD, s'il veut réussir, doit d'ici quelques années réaliser des profits. Ces profits seront ensuite retournés en partie aux fonds de travailleurs et serviront aussi à financer les organismes sans but lucratif. «C'est un défi énorme», avoue-t-elle. Mais la réussite prouvera hors de tout doute que le développement durable est rentable économiquement, autant pour l'entrepreneur que pour l'investisseur. «Je prendrai alors mon bâton de pèlerin afin de convaincre les gens de multiplier les initiatives comme le FIDD.»
Responsabilité sociale
Selon Andrée-Lise Méthot, on aurait tort de considérer le développement durable comme une nouvelle expression qui désigne l'écologie. «Le développement durable est une notion passablement plus englobante. Au FIDD, nous adhérons à une approche holistique du développement durable qui se base sur l'économie du cycle de vie d'un produit. Cela concerne autant la façon de produire que la façon de consommer et l'on doit tenir compte d'une foule de facteurs, y compris la responsabilité sociale de tout un chacun. La culture biologique d'une pomme qui sera ensuite cueillie par un enfant exploité n'est pas du développement durable.»
Elle croit que le développement durable est non seulement la voie de l'avenir, mais peut-être surtout la planche de salut de cette planète, qui est rudement mise à l'épreuve par les humains qui l'habitent. «C'est une course contre la montre.» Elle se réjouit par contre de l'accueil favorable qu'elle reçoit de la part des entrepreneurs québécois. Déjà, note-t-elle, d'importants groupes d'acheteurs américains exigent de leurs fournisseurs qu'ils souscrivent à une politique de développement durable, une mesure qu'elle aimerait voir davantage répandue.
C'est au renforcement de ce genre de politique de développement durable que peut contribuer une initiative comme le FIDD, qui est pour le moment unique au monde. Une initiative, par ailleurs, dont le caractère novateur a été reconnu par le Programme des Nations unies pour l'environnement.
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