La santé des Grands Lacs est menacée

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PC
Édition du mardi 14 septembre 2004

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Toronto -- De nouveaux agents pathogènes, la présence de mercure en suspension dans l'air et l'étalement urbain figurent dans la liste des menaces qui planent sur la santé des Grands Lacs et des millions de personnes qui vivent à proximité de ces étendues d'eau, indique un rapport présenté hier aux gouvernements canadien et américain.

Si elle a noté une amélioration générale de la qualité de l'eau dans les Grands Lacs depuis 30 ans, la Commission mixte internationale précise dans son étude que l'attention des autorités doit instamment être tournée vers les nouvelles menaces qu'elle a recensées.

«Sans mesures de protection adéquates, notre santé peut être menacée par des agents pathogènes et des micro-organismes porteurs de maladies», dit le rapport.

«L'attention des gouvernements doit être davantage portée sur la protection des sources d'approvisionnement en eau potable.»

Selon le coprésident américain de la commission, Dennis Schornack, le problème est causé par l'usage fréquent d'antibiotiques pour soigner les animaux d'élevage et chez les humains.

Les bactéries deviennent résistantes aux médicaments, se retrouvent dans les réseaux d'aqueduc et provoquent des maladies, a-t-il expliqué.

«Nous devons devenir meilleurs en matière de surveillance des agents pathogènes dans l'eau et voir si les usines de traitement des eaux usées en place tuent avec succès les organismes.»

Presse canadienne

Pour sa part, le coprésident canadien de la Commission mixte internationale, l'ancien ministre Herb Gray, soutient que la meilleure façon d'aborder le problème est de diminuer notre usage des antibiotiques.

Le rapport bisannuel de la commission recommande notamment une meilleure gestion des réserves d'eau de façon à minimiser l'impact de l'agriculture, du développement, de l'industrie et de l'urbanisation.

«Il y a un grand nombre de problèmes qui restent à régler, a affirmé M. Gray. Ils sont vastes. Ils vont nécessiter des montants d'argent importants à long terme.»

La publication du rapport coïncide avec la première révision majeure en 17 ans de l'entente canado-américaine sur la qualité de l'eau des Grands Lacs, initialement signée en 1978.

MM. Gray et Schornack ont tous les deux dit espérer que la révision en cours aboutirait à une nouvelle entente qui donnera davantage de pouvoirs à la commission de façon à mieux intervenir pour protéger les eaux limitrophes.

«C'est une chance inouïe qu'ont les deux pays pour protéger cet écosystème», a dit M. Schornack.

Lui et son homologue canadien ont toutefois admis que les dossiers qu'ils ont à traiter soulevaient de complexes questions d'ordre juridictionnel puisqu'ils relèvent en général de plusieurs ordres de gouvernement.


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