Fonds d'investissement: Éthique, Cogeco et Gillet!
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Grosse nouvelle dans le milieu radiophonique de Québec la semaine dernière: le retour de l'animateur-vedette Robert Gillet, celui-là même qui avait été reconnu coupable d'avoir obtenu les services sexuels d'une personne mineure moyennant rétribution, il y a quelques mois à peine.
Les fonds éthiques au Canada représentent moins de deux milliards d'actif sous gestion et environ 150 milliards aux États-Unis. Bien que leur popularité soit en hausse, on en parle plus qu'on en achète... Nous pourrions également croire que les familles de fonds sont plus intéressées par les nouvelles idées pour répondre aux attentes des investisseurs que par le principe d'une question dite morale.
L'approche éthique est loin d'être nouvelle. En effet, au Québec, on peut l'observer dès les années 70, surtout grâce à la contribution de certaines communautés religieuses qui ont su exprimer leur opinion et conviction. On ne peut que les féliciter. Dans cette mouvance, on remarque parfois une solidarité entre ces communautés et les organisations syndicales, et ce, pour une même cause. Il faut se rappeler que la création de certains syndicats au Québec a été le fruit du travail accompli par l'Église.
De façon générale, les principaux facteurs que considèrent les gestionnaires de fonds éthiques dans leur décision de rejeter ou non une entreprise concernent le tabac, le jeu, l'alcool, l'armement ainsi que les questions touchant l'environnement et les droits de la personne. L'éventail des aspects que touchent les gestionnaires éthiques est donc très large.
Au sujet de la décision d'embaucher de nouveau son très célèbre animateur, loin de moi l'intention de statuer sur le comportement d'une entreprise comme Cogeco et de son président: il y va de l'intérêt de l'actionnariat. Et, encore moins de juger une deuxième fois M. Gillet. Il a même reconnu au micro publiquement ses torts et offert ses excuses pour son mauvais comportement. Cependant, nul ne peut ignorer pour l'instant la dichotomie morale engendrée chez les auditeurs et annonceurs de la station de radio.
C'est ici même que l'investisseur doit mesurer l'importante élasticité de ce qui est éthique et de ce qui ne l'est pas. Le geste de M. Gillet en ondes la semaine dernière est fort honorable. Mais est-ce un peu un pari à la Pascal? Sa notoriété publique est importante, mais quelle en est sa valeur pour une entreprise? Peut-on effacer notre dette à la société en ayant fait 40 heures de travaux communautaires et un an de probation pour un tel geste? Peut-on mesurer votre élasticité?
Au 31 juillet dernier, selon la banque de données PALTrak de Morningstar, huit fonds vendus au Canada possédaient dans leurs 15 principales positions des actions ou des titres d'emprunt de Cogeco: AGF canadien petite capitalisation, Beutel Goodman petite capitalisation, Capstone balanced, Capstone canadian equity, CI petites sociétés canadiennes, IG Beutel Goodman canadienne petite capitalisation, PH&N Obligations à rendement élevé-A et Trans IMS Canadien communications.
Dans cette liste, la majorité sont de bons fonds et même certains, d'excellents. Mais le pardon est-il éthique? Qu'est-ce qui est le plus important pour un gestionnaire: le rendement ou la morale? Pour l'investisseur, quel est l'objectif prioritaire? Et, pour vous?
Cogeco est un exemple facile et d'actualité, mais que doit-on penser de Nortel, des états financiers véritables que l'entreprise semble incapable de produire? Pourtant, des millions d'investisseurs sont encore porteurs de ce titre dans leur portefeuille.
question@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
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Faut-il être plus catholique que le Pape en investissement ? - par Jeannot Vachon
Le mardi 14 septembre 2004 01:00

