Le secteur aérien mondial est face à un horizon incertain
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New York -- Cyclones, flambée du prix du kérosène, concurrence féroce, coûts salariaux: les compagnies aériennes internationales n'en finissent pas de lutter contre les turbulences qui menacent la survie de nombre d'entre elles et, fait nouveau, secouent désormais celles à bas prix.
Mais les syndicats et la direction de la compagnie italienne semblaient toujours incapables mercredi dernier de parvenir à un accord.
Mercredi à son tour, Delta Air Lines, troisième compagnie des États-Unis et partenaire d'Air France, a annoncé la suppression sur les 18 prochains mois de 6000 à 7000 emplois. Son p.-d.g., Gerald Grinstein, a brandi une nouvelle fois la menace d'une faillite pour mieux convaincre le personnel de coopérer.
US Airways a lui aussi pris les devants en engageant un cabinet-conseil pour l'aider à gérer une éventuelle nouvelle faillite alors que l'association des 3400 pilotes de la compagnie a refusé les propositions de la direction, renforçant ainsi les craintes d'une faillite imminente. La compagnie avait déjà connu la cela il y a deux ans.
Quant à British Airways, il a annoncé son désengagement de l'australien Qantas, pour financer sa dette et se concentrer sur des projets européens, alors que son concurrent principal, Air France/KLM, prend de l'essor.
À quelques rares exceptions, les compagnies traditionnelles ne se remettent pas de l'effondrement du secteur depuis les attentats du 11 septembre 2001 et du ralentissement économique généralisé qui a suivi.
Concurrence farouche
Si le frémissement du tourisme en 2003 a pu rendre quelque espoir, les groupes aériens ont depuis déchanté, face à la concurrence farouche des compagnies à bas prix ou low cost, mais aussi la flambée des cours du pétrole, alors que le kérosène représente leur deuxième poste de dépenses.
L'impact immédiat des cours élevés du brut dépend largement de la capacité des compagnies à répercuter leurs surcoûts en carburant sur la clientèle, note un analyste de l'agence de notation Standard and Poor's, Leigh Bailey, dans une étude. Or, «face à une concurrence de plus en plus rude, les compagnies ont très peu de marge pour répercuter leurs surcoûts sur les clients. Cela pourrait menacer l'existence des acteurs les plus faibles du marché», assure-t-il.
S'ajoutent aussi les craintes et les contraintes liées au terrorisme.
Les grosses compagnies aériennes ont dû enfin remédier à la lourdeur de leurs structures de coûts et tailler dans leurs effectifs, les salaires et les avantages sociaux des salariés: Continental Airlines a ainsi cessé pour cette année toute contribution à son fonds de retraite maison.
Début septembre, United Airlines, actuellement en faillite, annonçait supprimer des emplois supplémentaires pour réduire ses coûts, sans donner de chiffres précis. Selon le quotidien Financial Times, il pourrait s'agir de 6000 suppressions, soit 10 % des effectifs.
Et les compagnies à bas prix comme la britannique easyJet, jusque-là plutôt triomphantes face aux mastodontes, commencent elles aussi à prendre du plomb dans l'aile. La semaine dernière, JetBlue Airways a indiqué s'attendre à un bénéfice «nettement inférieur aux prévisions initiales» pour le troisième trimestre 2004, en raison de la flambée du pétrole et de nombreux vols annulés à la suite des cyclones en Floride.

