Les bibliothèques scolaires et municipales pourraient être mises en réseau
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Pour regarnir les rayons décharnés des bibliothèques scolaires, le «plan de la lecture» du ministère de l'Éducation pourrait suggérer la création d'un réseau de partage des volumes entre les écoles et les municipalités.
Proposée par le Réseau Biblio du Québec, l'idée de marier les collections des bibliothèques municipales à celles des écoles et de favoriser la circulation des volumes à travers le Québec reçoit un accueil favorable au cabinet du ministre Reid. «C'est une piste de solution intéressante de permettre les échanges de collections entre réseaux», a affirmé hier l'attachée de presse du ministre, Caroline Richard. Toutefois, aucune décision n'est encore arrêtée.
Sans être en mesure de livrer un échéancier précis, la porte-parole de M. Reid a ajouté que la lecture est une «priorité» et qu'un «plan de la lecture» doit suivre pour appuyer ces dires. Y aura-t-il une pluie de deniers pour enfler les 3,4 millions versés chaque année à toutes les écoles? «Il faudra voir», a répliqué Mme Richard.
Le Réseau Biblio du Québec, qui facilite la circulation de livres à travers quelque 800 bibliothèques municipales de l'ensemble des régions du Québec, a présenté une telle proposition à la demande du ministère de la Culture et des Communications, qui soutient financièrement ce réseau. Le projet, dont Le Journal de Montréal faisait état hier, propose d'étendre les tentacules du réseau jusque dans les écoles primaires au coût de 38 millions de dollars.
Alors que les grands centres urbains ne sont pas retenus dans le modèle, le Réseau Biblio du Québec songe à acheter pour 27 millions de dollars de nouveaux volumes destinés aux enfants et mettre sa propre collection -- environ quatre millions de livres -- en disponibilité. Les coûts de fonctionnement récurrents d'un tel système sont évalués à 6,7 millions, a confirmé hier la présidente du Réseau Biblio du Québec, Paulette Lalande.
«Ce serait tellement plus facile de placer les bibliothèques scolaires en réseau, exactement comme nous l'avons fait avec les bibliothèques de [751] municipalités», a expliqué Mme Lalande, aussi maire de Plaisance et préfet de la MRC Papineau, en Outaouais. «Nous avons l'expertise, nous proposons de prendre la charge de ce projet.»
Personne n'est à convaincre de la minceur des collections des écoles, de leur désuétude et de l'absence quasi complète de nouvelles ressources allouées au renouvellement des volumes. Même si un rapport récemment produit par le ministère de l'Éducation démontrait l'envergure des réparations à faire, les libéraux n'ont pas donné suite à l'idée d'ajouter 70 millions de plus au moulin.
«On se trouve actuellement devant un problème majeur», a expliqué Mme Lalande. «Les bibliothèques scolaires n'ont plus l'argent qu'elles avaient et il va falloir trouver une solution de rechange. Je crois que nous détenons cette solution.»
À chaque rentrée scolaire, depuis trois ans, les commissions scolaires placent le dossier des bibliothèques scolaires haut sur la liste des priorités. «On a un besoin urgent de nouvelles ressources, c'est clair», a expliqué le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron. «Mais je ne crois pas qu'une solution mur à mur soit idéale», a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois à ce projet, qui circule depuis plus de deux ans, un intérêt pour certaines localités. «Au milieu de juger du partenariat le plus approprié pour lui.»
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