Montréal offre plus d'espace aux piétons, le temps d'un jour

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Guillaume Bourgault-Côté
Édition du jeudi 09 septembre 2004

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Avec un territoire fermé aux véhicules deux fois plus grand que l'an dernier et un prolongement des heures de fermeture à la circulation, Montréal a décidé de donner un peu plus d'ampleur à sa deuxième journée sans voiture, qui aura lieu dans deux semaines, ici comme ailleurs, dans près de 1500 villes de 38 pays à travers le monde.

Le mercredi 22 septembre, toute voiture sera donc interdite de circulation dans les rues du Plateau Mont-Royal (entre Marie-Anne et Gilford, puis entre Berri et de la Roche) ainsi qu'au centre-ville (entre Maisonneuve et René-Lévesque, McGill et Saint-Urbain) de 9h30 à 15h30. Les piétons pourront ainsi arpenter l'asphalte (ou même le gazon disposé sur la rue Union) sans odeurs d'échappement ou bruit de moteur tandis que les commerçants sont invités par la Ville à sortir leurs stands sur les trottoirs

«Nous souhaitons convaincre les citoyens que rien ne les oblige à utiliser leur véhicule en tout temps», dit Joël Gauthier, p.-d.g. de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), qui organise l'événement. L'an dernier, les avantages de l'opération avaient été immédiats, du moins au point de vue environnemental (quelques commerçants évaluaient de leur côté avoir subi des pertes): les services de transport en commun avaient connu une hausse d'achalandage d'environ 10 % et on avait établi que le taux de monoxyde de carbone et de monoxyde d'azote au-dessus de Montréal avait été de 40 % moins élevé qu'à l'habitude.

Pourquoi alors ne pas répéter l'expérience plus souvent, et même tous les jours? Claude Dauphin, membre du comité exécutif de la Ville, n'est pas contre l'idée. Mais ce n'est pas tout de suite qu'on verra Montréal adopter des mesures aussi strictes qu'à Londres (où le centre-ville est maintenant payant) ou à Stockholm (où une taxe de congestion sera introduite l'an prochain), dit-il. «Nous devons commencer quelque part, et c'est ce qu'on a fait. Cette année, Québec et Gatineau embarquent aussi dans le mouvement. Nous n'en sommes pas encore à faire payer les gens, à fermer le centre-ville ou à créer plus de rues piétonnes, mais nous aurons à étudier la question, et nous sommes disposés à le faire.»

Hier, la Ville a affirmé sa volonté de rendre l'événement permanent à Montréal. Et pour lui donner encore plus d'impact, il est fort possible que le service de métro soit gratuit le 22 septembre 2005. «On en a discuté, mais on n'est pas prêts cette année, explique Joël Gauthier. Le problème, c'est pour ceux qui achètent une carte hebdomadaire. Si on leur enlève une journée, ils perdent de 15 à 20 % du prix payé. Mais ce n'est pas exclu pour la prochaine édition.»

Le mouvement «En ville sans ma voiture» a commencé en France à la fin des années 90 avant de devenir un événement planétaire.


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