FFM: la course à la succession est lancée
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Serge Losique remet ses commentaires à plus tard
En une gifle rapide et cinglante, au lendemain même de la clôture du 28e FFM, la SODEC et Téléfilm Canada lançaient hier dans la mare le pavé de nouvelles conditions de soutien à un grand festival de cinéma. Celles-ci viennent éclabousser les us et coutumes du Festival des films du monde, dont le profil semble souvent à l'opposé des nouvelles normes.Transparence, innovation, lieu de rassemblement; tels sont quelques uns des mots clés qui parsèment le document L'Appel de propositions pour un événement cinématographique à Montréal, publié hier.
Les dirigeants d'un festival, indique le document, devront rallier et impliquer le milieu professionnel, démontrer la capacité d'organiser et de gérer un événement d'envergure, avoir de bonnes mesures d'accueil et d'encadrement des invités nationaux et internationaux, etc.
Le rapport SECOR reprochait justement au Festival des films du monde de s'être éloigné de sa base, d'avoir refusé d'ouvrir ses livres, etc. En énonçant de nouvelles conditions, le cahier des charges semble vouloir sonner le glas, sinon du FFM, du moins de son capitaine, qui tonnait d'ailleurs lundi contre les fonctionnaires frustrés et incompétents qui s'en prennent à lui. Au sein des institutions, nul n'admet désirer la peau de Serge Losique, plutôt un festival mieux adapté aux besoins d'une industrie changeante.
«Le financement d'un événement n'est pas un droit acquis, mais un privilège, précise le directeur de la SODEC, Pierre Lafleur, et nous avons décidé d'octroyer nos subventions à la lumière de nouveaux critères.» Le directeur de la SODEC appelle le conseil d'administration du FFM à jouer vraiment son rôle. Il reconnaît au FFM l'avantage de posséder des contacts, un réseau, une organisation, mais précisait vouloir un événement plus rassembleur, plus transparent, etc.
Même son de cloche du côté de l'institution fédérale. Charles Bélanger, président de Téléfilm Canada, affirme que le FFM répond en partie aux normes émises mais pas en entier. « Nous voulons une organisation dont on comprenne la structure. Le FFM a refusé de collaborer à notre enquête et nous ignorons son mode de fonctionnement. Par ailleurs, le milieu du cinéma nous préoccupe. Nous voulons qu'un festival de film crée une effervescence, attire davantage de gens.»
Serge Losique, qui devait réagir hier aux conclusions du Rapport SECOR, a fait savoir qu'il réservait ses commentaires à plus tard et à son heure. Nul n'écarte toutefois la possibilité qu'il prépare un festival sans l'appui de Téléfilm et de la SODEC qui le finançaient conjointement à plus de 1,1 million $. Il aurait quand même de la difficulté à trouver des commanditaires qui accepteraient de s'engager dans un événement pour lequel l'État se désolidarise.
À la SODEC, comme à Téléfilm, on affirme que Serge Losique peut créer de nouveaux partenariats et rebondir dans le décor. «Il pourrait même conserver son titre de PDG, précise Pierre Lafleur, si de nouvelles alliances lui permettaient de rencontrer les nouveaux critères de mises en candidatures.» Il est question notamment que le FFM s'associe au puissant groupe Spectra.
D'autres scénarios, comme on l'a expliqué au long des derniers jours, sont sur la table: une alliance entre Spectra, Daniel Langlois et son FCMM. Ou le Groupe Rozon trouvant lui-même des alliés dans le milieu du cinéma. Pour l'heure, la balle est dans le camp de Serge Losique, dont on attend les propositions, les mises en demeure ou divers bâtons dans les roues capables d'enrayer le processus de cette succession. Les propositions devront être envoyées aux institutions d'ici le 8 octobre.
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FFM: chicane d'adultes ou d'enfants ? - par Jacque-Gilles Laberge (jglaberge2@cablevision.qc.ca)
Le mercredi 08 septembre 2004 09:00

