Le déficit américain atteindra 422 milliards en 2004

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AFP
Édition du mercredi 08 septembre 2004

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Une ombre au tableau de Bush

Le déficit budgétaire américain devrait atteindre un record de 422 milliards $US pour l'excercice 2004, a annoncé hier le Congrès, un trou qui devrait donner des munitions aux démocrates dans la campagne présidentielle. Pour l'exercice financier 2004 (clos le 30 septembre prochain) l'administration Bush aura ainsi creusé le déficit à un montant nettement supérieur au précédent record de 375 milliards.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Le déficit budgétaire américain devrait atteindre un record de 422 milliards $US pour l'exercice financier 2004, a annoncé hier le Congrès, un trou qui devrait donner des munitions aux démocrates dans la campagne présidentielle.

Pour l'exercice financier 2004 (clos le 30 septembre prochain), l'administration Bush aura ainsi creusé le déficit à un montant nettement supérieur au précédent record de 375 milliards enregistré l'an dernier, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO) qui a publié hier ses prévisions économiques d'automne. En données corrigées de l'inflation, le déficit 2004 est le plus important depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, selon le CBO.

Et pour les années à venir le total cumulé des déficits annuels devrait atteindre près de 2300 milliards $US entre 2005 et 2014, soit environ 1,5 % du PIB, selon les calculs du CBO.

Le camp démocrate a immédiatement rappelé qu'il y a quatre ans, à l'arrivée de George W. Bush, le budget des États-Unis était excédentaire de 236 milliards. «Seul le président Bush va pouvoir se féliciter d'un déficit budgétaire record de 422 milliards de dollars, de la perte de 1,6 million d'emplois et d'une hausse record de 17 % des primes d'assurance maladie pour les personnes âgées», a lancé hier John Kerry, rival démocrate du président sortant cité dans un communiqué.

Selon Kerry, George W. Bush a engagé l'Amérique «sur la mauvaise voie». «Moi, j'ai un plan pour restaurer la discipline budgétaire, maîtriser les dépenses incontrôlées et réduire le déficit de moitié d'ici quatre ans.»

Mais le candidat Bush s'est lui aussi engagé à réduire le déficit de moitié, après avoir imposé des réductions d'impôts de 1700 milliards $US un an après être arrivé au pouvoir. Il a, de plus, promis de pérenniser la plupart de ces allègements fiscaux en cas de réélection. Le CBO, de son côté, a basé ses calculs sur une expiration comme prévu de ces réductions d'impôts l'an prochain.

Optimisme

Toutefois, le CBO reste relativement optimiste sur la santé de l'économie américaine dans les prochaines années et table sur une «croissance solide généralisée» d'ici 2006. Soutenus par une demande en forte progression, les producteurs devraient recourir à nouveau à l'investissement dans les équipements et embaucher du personnel, conduisant à une croissance du PIB de 4,5 % pour l'année calendaire 2004 et 4,1 % en 2005. Pour les années suivantes, cela devrait ralentir à une moyenne de 2,8 % de croissance d'ici 2014, selon les prévisions du CBO.

Si la situation sur le marché de l'emploi devrait s'améliorer

-- baisse du taux de chômage à 5,6 % en 2004 et à 5,2 % en 2005 -- en revanche, l'inflation, mesurée sur la base de l'indice des prix à la consommation, devrait passer à 2,6 % en 2004 contre 2,3 % l'an dernier, selon le CBO.

Ces perspectives devraient conduire la Fed à poursuivre sa politique de hausse des taux d'intérêt, ajoute le document en soulignant toutefois que les taux se situeront néanmoins toujours à un niveau historiquement bas. La prochaine réunion de la Fed est prévue le 21 septembre et les analystes s'attendent à une nouvelle hausse d'un quart de point à 1,75 % du principal taux d'intérêt de l'institut d'émission.

Le président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, doit venir commenter les derniers chiffres du budget aujourd'hui devant la chambre des représentants.

Enfin, le CBO a lancé une nouvelle mise en garde contre les conséquences financières de l'arrivée à l'âge de la retraite, lors de la décennie à venir, de la génération du baby-boom.


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